11- Valentina Terechkova, la première femme dans l’espace

Le 16 juin 1963, deux ans après le premier vol spatial réalisé par Iouri Gagarine (12 avril 1961), la Soviétique Valentina Terechkova devenait la première femme à aller dans l’espace. A seulement 26 ans, la jeune femme fût immédiatement propulsée au niveau d’héroïne nationale, et mit sans attendre sa notoriété au service de son pays, au moment où l’URSS et les USA étaient en pleine rivalité pour la Conquête Spatiale.

Engagée tôt dans une carrière militante puis politique, Valentina Terechkova fit toujours preuve de beaucoup de détermination et d’énergie. Encore aujourd’hui, elle force le respect. Plusieurs fois élue Députée de la Douma, décorée maintes fois d’Ordres et de Médailles, Héros de l’Union Soviétique, la petite ouvrière de l’usine textile de Iaroslavl mérite grandement que l’on revienne sur son parcours exceptionnel…

16 juin 1963 : Embarquons à bord de Vostok-6 avec Valentina Terechkova !

Une enfant de Iaroslavl

Les jeunes années

Valentina Terechkova (Валентина Терешкова) est née le 6 mars 1937, dans le petit village de Maslenniko, à une quarantaine de kilomètres de la ville de Iaroslavl. Ses grands-parents, paternels et maternels, étaient originaires de Biélorussie, et firent partie des premiers paysans du kolkhoze de leur village. Son père était conducteur de tracteurs, et sa mère élevait ses trois enfants, Lioudmila, Valentina, et Vladimir.

Ses parents, Vladimir et Elena

En 1939, l’URSS est en guerre contre la Finlande, et son père est appelé au combat par l’Armée Rouge. Il part au front. Il y meurt en 1940. Valentina n’a même pas 3 ans …

A la fin de la guerre, en 1945, la petite famille quitte la campagne pour la ville, et vient s’installer à Iaroslavl. Sa mère est embauchée à l’usine textile Krasny Perekop (Красный Перекоп). Les enfants sont scolarisés. Tamara Klimova, alors directrice de l’école primaire, se souvient :  » Valentina apprenait facilement, elle avait de très bonnes notes. Elle aimait beaucoup les leçons de français et d’ Histoire. Elle motivait et aidait volontiers ceux qui avaient de mauvais résultats scolaires. » Valentina aime aussi la musique et apprend à jouer de la domra, instrument à 3 cordes.

Classe de Valentina à l’école n°32 de Iaroslav (Valentina : 3ème en partant de la droite, 3ème rang)

Travail à l’usine et cours du soir

En 1954, à l’âge de 17 ans, afin d’aider financièrement sa famille, Valentina arrête l’école et trouve un travail à l’usine de pneus locale. Elle suit en même temps les cours du soir dispensés par les Jeunesses Ouvrières. En avril 1955, elle change d’usine et rejoint celle où travaillent déjà sa mère et sa grande soeur : Valentina devient fileuse à l’usine textile Krasny Perekop, et suit les cours de l’Institut de l’industrie légère. Elle fait partie des Jeunesses Communistes (Komsomol).

Le ciel pour rêver

Alors que ses journées bien remplies se déroulent entre l’usine et les études, Valentina nourrit sa passion pour le ciel en fréquentant l’aérodrome de Iaroslavl. Elle s’inscrit à des cours de parachutisme. Elle aime rappeler qu’elle se souvient aussi bien de son premier saut en parachute (le 21 mai 1959) que de son vol dans l’espace ! Ce jour-là, elle vécut sa première étape vers le cosmos…

Après les vols exceptionnels de Gagarine (12 avril 1961) et Titov (6 et 7 août 1961), le désir de devenir à son tour cosmonaute ne la quitte désormais plus. Elle fait une demande écrite pour participer au programme spatial de l’Union Soviétique et est admise comme candidate.

Le Cosmos pour objectif

Une formation exigeante

L’enseignement que reçoit Valentina est dur, sévère, extrêmement rigoureux, et n’offre aucune garantie de résultat. Les cours théoriques concernent des matières comme l’astronomie, la géophysique, l’aérodynamique, la technique des fusées et la connaissance du cosmos. Valentina travaille dur.

Valentina en cours d’astronomie

Les formations pratiques en centrifugeuse sont redoutées par tous, mais Valentina est aidée par son expérience de parachutiste (déjà 90 sauts à son actif).

Lorsque la tant attendue Commission Nationale se réunit le 12 mars 1962 pour proclamer les résultats, Valentina se réjouit d’apprendre qu’elle a été retenue pour faire partie de l’équipe des « potentiels futurs cosmonautes ». Un deuxième pas était franchi, restait à faire le dernier…

Le choix d’envoyer une femme dans l’espace

Dans sa course à la conquête spatiale, l’URSS, avec à sa tête Nikita Khroutchëv, surveillait de près les avancées des USA (et réciproquement). Son programme Vostok (Восток, Orient) était un franc succès. Vostok-1 avait réussi à envoyer le premier homme en orbite autour de la Terre (Iouri Gagarine), pour une révolution complète de 108 minutes. Vostok-2 ( Guerman Titov) envoya un homme en orbite pour 24h. Vostok-3 (Andrian Nikolaïev) et Vostok-4 (Pavel Popovitch) furent deux vols simultanés destinés à avoir pour la première fois deux hommes en même temps en orbite autour de la Terre, et à réussir à établir une liaison radio entre eux. Succès total.

Vostok-5 et Vostok-6 devaient également être deux vols simultanés de deux cosmonautes. Mais, devant la pression américaine, Sergueï Korolëv, responsable du programme spatial de l’Union Soviétique, décida de faire un coup d’éclat en envoyant une femme pour la première fois dans l’espace. Le projet fût tenu secret jusqu’au dernier moment. Et son regard se tourna vers les candidates au vol spatial qui répondaient déjà aux critères suivants : être parachutiste, avoir 30 ans maximum, mesurer moins d’1,70m et peser moins de 70kg.

L’entraînement s’intensifie

Une fois passées les barrières des épreuves théoriques et médicales, cinq candidates se retrouvent sélectionnées, parmi lesquelles Valentina Terechkova bien sûr. La formation atteint alors un degré intense et éprouvant. Les entraînements portent sur la résistance de l’organisme à la chaleur (supporter, en combinaison de vol, une température de 70°C avec un taux d’humidité de 30%), mais aussi à l’isolement phonique (chaque candidate passe dix jours dans une cellule étanche à tout bruit), et à l’apesanteur. Au cours de ces derniers essais qui se déroulent à bord d’un MIG-15, il faut aussi être capable d’effectuer quelques tâches comme écrire son nom et son prénom, chanter, ou encore communiquer clairement par radio.

Une grande attention est portée à l’entraînement au saut en parachute, le pilote du vaisseau spatial devant, en phase de retour sur Terre, s’éjecter à 7000m d’altitude et descendre en parachute. Les cinq candidates étaient toutes parachutistes, mais Valentina était spécialement bien formée dans cette discipline. Les entraînements avaient aussi lieu au-dessus de la mer, au cas où, ce qui rendait les séances encore plus dangereuses avec le scaphandre de vol.

Valentina Terechkova et Iouri Gagarine, 1963

En parallèle, ces jeunes femmes reçoivent une formation de pilote aéronautique.

La consécration

A l’issue des épreuves, Valentina Terechkova est choisie pour être celle qui pilotera Vostok-6 et rentrera ainsi dans l’Histoire de l’Humanité. Outre les critères physiques, médicaux, intellectuels, la sélection de la meilleure candidate au « vol spatial de la première femme au monde » reposait sur un axe politique, non négligeable pour l’Union Soviétique à cette époque. Valentina Terechkova venait d’une famille paysanne et ouvrière, et avait perdu son père à la guerre quand elle avait deux ans. Elle renverrait donc une belle image de réussite socialiste soviétique. De plus, sa capacité de communication était excellente. Elle pourrait donc aisément par la suite vanter les avantages du système soviétique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays…

Au moment de sa nomination comme commandant de Vostok-6, Valentina était dix ans plus jeune que Gordon Cooper, le plus jeune des astronautes américains de l’époque… Un détail qui réjouit un peu plus encore Khroutchëv et l’équipe de Korolëv.

Le Cosmos pour sacre

Les préparatifs sont tenus secrets

L’URSS étant en compétition serrée avec les USA, le vol se devait de réussir, c’était une question d’honneur. Mais le risque d’échec était énorme, lors des premiers vols, et le retour sur Terre pouvait aussi échouer …

Derniers préparatifs juste avant le vol

Le vol de la première femme cosmonaute fût donc tenu secret le plus longtemps possible. Pour cette mission exceptionnelle, l’identité de Valentina était soigneusement cachée : elle reçut comme nom de code « la Mouette » ( Чайка, Tchaïka). Même à sa propre mère, le jour de son départ pour l’espace, Valentina dit qu’elle partait faire une compétition de sauts en parachute ! Ce n’est que par la radio que sa famille apprit qu’elle était partie pour l’espace …

Dernières recommandations de Korolëv

C’est parti !

Le 16 juin 1963, à 9h29’52 » UTC, le vaisseau spatial Vostok-6 décolla de la base de Baïkonour avec, à son bord, une jeune femme de 26 ans, Valentina Terechkova. Tout le pays retint son souffle …

Vostok-5, piloté par Valery Bykovski, avait décollé deux jours auparavant. Les deux vaisseaux en orbite autour de la Terre se retrouvèrent à un moment à cinq kilomètres de distance seulement et réussirent à entrer en contact. Une étape cruciale de la mission était remplie !

« J’aurais pu ne pas revenir… »

Valentina effectua 48 révolutions autour de la Terre, en 70h et 41mn. Mais son séjour dans l’espace ne s’est pas aussi bien passé que la propagande soviétique de l’époque le laissa croire. Le programme automatique d’orientation de Vostok-6 montra des défaillances, provoquant l’éloignement du vaisseau plutôt que son rapprochement de la Terre.

Nikolaï Kamanine, le responsable de la sélection et de la formation des cosmonautes, racontait alors le vol de Valentina : « J’ai parlé plusieurs fois avec Terechkova. On sent qu’elle est fatiguée, mais ne veut pas l’admettre. Pendant la deuxième session de communication, elle n’a pas répondu. En allumant l’écran de contrôle de la caméra, on a vu qu’elle dormait. Il a fallu la réveiller et parler avec elle de la manœuvre de retour et de la commande manuelle. Elle a essayé deux fois d’orienter le vaisseau, mais a admis que l’orientation ne se faisait pas. Cela nous a tous beaucoup inquiété : s’il fallait faire la manœuvre en manuel, et si elle n’arrivait pas à bien orienter le vaisseau spatial, alors elle ne pourrait pas sortir de l’orbite. » Ce à quoi elle répondit avec sang-froid : « Ne vous inquiétez pas, je ferai tout ça demain matin. » Finalement, elle a bien pris en compte tous les paramètres, et n’a pas commis la moindre erreur. Tout s’est passé à merveille. Je suis très heureux de ne pas m’être trompé sur le choix de la première femme cosmonaute ! »

Dans cet interview rapide filmé en 2011, Valentina Terechkova raconte son vol. À écouter absolument !

Le retour sur Terre

Le vol de Vostok-6 prit fin le 19 juin 1963 à 8h10 UTC, dans les étendues de l’Altaï, après un vol de 2 jours 22h 41 mn.

A peine sur Terre, et malgré les consignes sanitaires, Valentina se précipita sur de la nourriture locale qu’on lui offrit généreusement, tellement la faim la tiraillait. Elle ne souffla mot à quiconque sur son incident de vol, et tint le secret bien gardé pendant plus de quarante ans, comme Korolëv l’avait demandé.

Au cours de son vol, depuis sa capsule pressurisée de 2,30 m de diamètre intérieur, Valentina avait tenu un journal de bord, participé à quelques expériences médicales, et pris des photos de l’horizon qui servirent ensuite à étudier les couches de l’atmosphère.

La portée de l’exploit

Une gloire planétaire

Avec ce vol spatial, Valentina Terechkova est non seulement devenue la première femme à être allée dans l’espace, mais en plus en solitaire, et en commandant elle-même son vaisseau.

Dans la foulée de son exploit, on lui organisa des tournées de parade dans tout le pays. D’abord à Moscou, puis immédiatement ensuite à Iaroslavl, la ville où elle avait grandi. Ce fût un accueil triomphal exceptionnel, toute la ville était là pour acclamer leur « petite de Iaroslavl »!

Iaroslavl acclame Valentina Terechkova (archives personnelles de V.Terechkova)

Toutes les villes d’URSS la réclamaient, la fierté patriotique était énorme. Valentina était devenue pour chacun le symbole de la possible réalisation de ses propres rêves, un véritable exemple de vie… Mais elle était aussi « l’image », l’incarnation presque de l’Etat soviétique. C’était une lourde responsabilité qu’elle acceptait avec dignité, même si elle en avouait la fatigue parfois. Son enfance pendant la guerre, son travail à l’usine, et ses origines modestes complétaient à merveille le tableau.

Bravo Valia !

En pleine guerre froide, l’exploit de Valentina Terechkova permit aussi de véhiculer dans le monde une image idéale de réussite soviétique et de la transformer en Ambassadrice de la Paix. Ses tournées l’emmenèrent tout autour du monde, en Birmanie, Inde, Indonésie, Népal, Egypte, Allemagne, France, Angleterre…. et tant d’autres pays (sauf aux USA !).

Complicité avec Iouri Gagarine

Reconnaissances

Après son vol dans l’espace, quand Khroutchëv lui demanda comment l’Etat Soviétique pouvait la remercier pour son magnifique service rendu à la nation, elle a tout de suite demandé que l’on retrouvât précisément le lieu où son père était mort et le lieu où il avait été enterré. Ce n’est finalement qu’en 1988 que les recherches du ministre de la Défense de l’époque, Iazov, aboutirent.

Très vite, Valentina reçut en cadeau de l’Etat un appartement de trois pièces, non pas à Moscou dans les grands gratte-ciels staliniens, mais à Iaroslavl, dans la rue Goloubiatnaïa (Голубятная улица), qui porte désormais son nom.

Le 22 juin 1963, elle reçut le titre de Héros de l’Union Soviétique, la plus haute distinction de l’URSS. Puis de nombreux titres honorifiques, Ordres et médailles lui fûrent attribués (nous en reparlerons un petit peu plus loin).

Un mariage incroyable

Le 3 novembre 1963, Valentina Terechkova épouse l’aviateur et cosmonaute soviétique Andrian Nikolaïev (Андриан Николаев), troisième cosmonaute à avoir été dans l’espace, à bord de Vostok-3. C’est le premier mariage de l’espace de tous les temps ! Devant l’ampleur de l’évènement, Kroutchëv met à disposition des jeunes mariés la résidence d’Etat des monts Lénine pour la cérémonie et la réception. Il y avait de très nombreux invités, dont bien sûr Nikita Khroutchëv et son épouse, ainsi que des dirigeants du Parti Communiste et des membres du gouvernement.

Les jeunes mariés avec Khroutchëv (archives personnelles de V.Terechkova)

L’été suivant, Valentina mit au monde une petite fille, prénommée Elena, premier enfant à avoir deux parents cosmonautes ! Elena deviendra chirurgien orthopédiste et donnera deux petits-enfants à Valentina et Andrian : Alexeï (1995) et Andreï (2004).

Jusqu’à son divorce en 1982 (« Au travail, il était un homme en or, à la maison, un vrai despote… »), Valentina porte le nom double Nikolaeva-Terechkova, autorisation exceptionnelle en sa faveur. Elle se remariera ensuite avec le Major-Général du Service de Santé de l’Armée, Iouri Chapochnikov.

Le passage de témoin

Le 30 avril 1969, Valentina est nommée formatrice des nouveaux cosmonautes, à la Cité des Etoiles (ville alors gardée secrète, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Moscou).

Avec ses collègues instructeurs

Elle y déménage avec sa famille, dans un petit appartement tout-à-fait ordinaire. Mais Iaroslavl lui manque, elle y retourne souvent en visite, pour y retrouver ses racines et ses amis.

Elle restera à ce poste pendant 28 ans, jusqu’au 28 avril 1997, date de sa retraite professionnelle.

En parallèle de son travail, elle écrivit plus de 50 travaux scientifiques, donna des conférences et participa à des recherches au sein de l’Académie des Sciences aéronautiques. Mais son activité de militante et de politicienne fût également très importante dès le début.

Un engagement politique efficace au service de son pays

Une extraordinaire carrière de Députée

En mars 1962, Valentina Terechkova devient membre du Parti Communiste. De 1966 à 1989, elle sera maintes fois élue Députée au Soviet Suprême d’URSS, ainsi que membre du Praesidium du Soviet Suprême de l’URSS (1974-1989). De 1992 à 2004, elle est Chef de l’Association russe de Coopération internationale, et membre du Collège du ministère russe des Affaires étrangères. En 2008, elle est élue Députée de la Douma d’Etat de la région de Iaroslavl, et vice-présidente de la Douma régionale de Iaroslavl. En décembre 2011, elle est élue Députée de la Douma d’Etat au sein du Parti Russie Unie, et vice-présidente du Comité international de la Douma d’Etat. En 2016, elle fût à nouveau élue Députée, et vice-présidente du Comité de la Douma d’Etat pour la structure fédérative et l’auto-gestion locale…

Députée au Soviet Suprême d’URSS (archives personnelles de V.Terechkova)

Défenseur des Droits des femmes et de la famille

En 1968, Valentina Terechkova est nommée par le Politburo à la tête du Comité des Femmes Soviétiques, comité de portée internationale où Valentina devient la porte-parole des femmes. En URSS, elle se mobilisa beaucoup, par exemple, pour aider les femmes à obtenir le droit à des congés de maternité plus longs. Dans les années 60, il était de 112 jours (7 semaines avant la naissance, 7 semaines après). En 1968, elle obtient que ce congé soit allongé jusqu’au un an de l’enfant, mais ce sera sans versement de salaire … Elle repart au combat pour aider les familles, consciente que le taux de natalité est en chute libre et qu’il faut agir vite. En 1981, la mesure est adoptée : l’aide financière aux familles est renforcée et un congé de maternité sera définitivement payé aux mères jusqu’au un an de l’enfant.

Elle se préoccupe également de faire appliquer des lois pour protéger la santé des femmes enceintes, des enfants, des adolescents, des orphelins…

Défenseur de la région de Iaroslavl

A son poste de Députée de région, elle agit beaucoup pour accélérer le développement des industries et des infrastructures locales. Elle veille également à l’épanouissement culturel, se battant longuement pour la création d’un théâtre pour enfants à Iaroslavl, notamment.

Défenseur des Anciens Combattants

Valentina Terechkova milite beaucoup pour l’amélioration des conditions de vie des Anciens Combattants ( pensions, crédits, soins, logement), ainsi que pour maintenir vivace le souvenir de la Grande Guerre Patriotique. En 2015, elle organisa un fond de solidarité appelé « Souvenir des générations » (Память поколений) et récolta rapidement de quoi aider concrètement 300 Anciens Combattants en leur fournissant des fauteuils roulants, des médicaments, des prothèses, une protection médicale ….

Ambassadrice de la culture russe

Dans les années 90, Valentina était Ambassadrice de la langue et la culture russe, à l’étranger comme dans le pays. Elle fit organiser des tournées de spectacles russes, des expositions de peinture, des concerts, cherchant par tous les moyens à faire connaître et rayonner le patrimoine culturel russe.

Titres, décorations, et honneurs

  • Valentina Terechkova a obtenu d’innombrables Ordres et médailles ! Le 22 juin 1963, elle reçût le titre de Héros de l’Union Soviétique, la plus haute distinction de l’URSS. Décorée de l’Ordre de Lénine et Lauréate du Prix d’Etat de Russie.

  • A toutes les réunions et réceptions officielles, quand elle le peut, elle n’apparaît toujours modestement qu’avec une seule distinction : l’Etoile d’Or de Héros de l’Union Soviétique ! Un minimum…

  • L’Organisation des Nations Unies lui a décerné la médaille d’or de la Paix, et la France lui a remis la médaille Joliot-Curie.
  • En 1995, elle devint la première femme nommée au grade de Major-Général de l’Armée de l’Air.
  • Un cratère sur la Lune (31km de diamètre), des rues, des écoles, des musées, portent son nom. Et même une petite planète (16-71) porte le nom de Tchaïka (la Mouette) en son honneur.

  • Valentina Terechkova est citoyenne d’honneur de 18 villes russes et étrangères (Drancy et Montreuil en France).
  • Le 7 février 2014, elle est une des 4 femmes, avec 4 hommes, qui portent le drapeau olympique lors de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Hiver de 2014 à Sotchi. En 2008, à Pékin, elle avait porté le flambeau olympique.
  • Des timbres commémoratifs à son effigie furent imprimés, en URSS comme à l’étranger, et un rouble dessiné en 1983, pour l’anniversaire des 20 ans de son vol spatial.

  • Valentina Terechkova reste à ce jour l’unique femme à avoir effectué seule un voyage dans l’espace aux commandes de son vaisseau. Il fallût attendre 19 ans avant qu’une autre Soviétique (Svetlana Savitskaïa) effectue le même exploit, et 20 ans pour qu’une femme d’une autre nationalité fasse de même : l’Américaine Sally Ride.

Valentina devant la capsule de Vostok-6, au RKK Energia Museum à Kalouga


En guise de conclusion, voici les paroles futuristes de Valentina Terechkova, ou comment se tourner vers l’ infini…

Mars, c’est ma planète préférée. Bien sûr, notre rêve à tous, c’est d’aller sur Mars, et savoir s’il y a eu de la vie là-bas. Et si oui, que s’est-il passé ? Quelle catastrophe a eu lieu sur cette planète ? Mais, malheureusement, nous comprenons les limites de l’homme. Les premiers vols vers Mars seront probablement des allers simples, je pense. Mais je suis prête.


Pour aller plus loin

Voici un lien vers une vidéo très intéressante que je vous recommande. Les commentaires sont en russe (au travail !), mais les images d’archive sont exceptionnelles ! Pendant 1mn30, le journaliste situe l’évènement dans son contexte historique, puis lance le reportage… Bon voyage dans le temps et dans l’espace !

Commentaires (6):

  1. Florence B

    21 novembre 2017 à 20 h 26 min

    Apres la légèreté de l espace, Valentina croulera sous les médailles! Merci Marion, une femme a donc bien réussi en Russie… je garde espoir, c’est encore possible…
    bravo à toi, c’est passionnant 👏
    Bises
    Florence B

    Répondre
    • Marion

      21 novembre 2017 à 21 h 13 min

      A chacun son succès, Florence ! Et toi, côté humour, tu réussis déjà très bien !! Merci pour tes encouragements. Bises Florence.

      Répondre
  2. ROZYCKI

    21 novembre 2017 à 16 h 31 min

    Bravo Marion, ton article est passionnant !
    Respects (à Valentina et toi) !

    Répondre
    • Marion

      21 novembre 2017 à 16 h 44 min

      Merci Florence !! Respects à Valentina…c’est plus mérité !!! 😉

      Répondre
  3. BESOMBES de

    17 novembre 2017 à 22 h 01 min

    Toujours aussi passionnant …
    Qu’est-ce qu’on attend pour envoyer notre première dame dans l’espace ?

    Répondre
    • Marion

      17 novembre 2017 à 22 h 35 min

      Merci Daniel ! Contente de voir que Valentina impressionne…c’est mérité ! Et merci pour cette petite question pleine d’humour !! 😉

      Répondre

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