Maïa Plissetskaïa, l’hymne à la Vie

Etoile incontestée de la danse classique, dotée d’un talent exceptionnel, Maïa Plissetskaïa ( Майа Плисецкая ) a connu une carrière éblouissante et son nom est désormais indissociable du ballet et du prestigieux Théâtre Bolchoï de Moscou.

Pourtant sa vie ne fût qu’une série de combats et de défis. Une enfance tragique, une carrière de ballerine à construire dans l’adversité permanente du régime soviétique, et une soif de liberté artistique difficile à conquérir, poussèrent Maïa Plissetskaïa à défier le pouvoir et le temps et à devenir cette magnifique et éternelle ballerine qui trouva courageusement le chemin de sa liberté et reçut une fantastique reconnaissance planétaire…

Paris, 1972

Une enfance tragique sauvée par la danse

Je suis née à Moscou. Au royaume de Staline. Puis j’ai vécu sous Khroutchëv, Brejnev, Andropov, Tchernenko, Gorbatchëv, Eltsine… Et j’aurais beau faire, jamais je ne renaîtrai une seconde fois. Vivons notre vie. Et je l’ai vécue. Je n’oublie pas ceux qui ont été bons pour moi. Ni ceux qui sont morts, broyés par l’absurde. J’ai vécu pour la danse. Je n’ai jamais rien su faire d’autre. Merci à cette nature grâce à laquelle j’ai tenu bon, je ne me suis pas laissée briser, je n’ai pas capitulé. (Maïa Plissetskaïa, 1995)

Drames dès l’enfance

Maïa naquit à Moscou le 20 novembre 1925, dans une famille de l’intelligentsia juive. Elle passa sa petite enfance à Barentsburg, sur l’île norvégienne de Spitzberg, où son père ingénieur dirigeait les mines de charbon exploitées à cette époque par des intérêts russes. Il assurait également le rôle de Consul Général. En 1937, lors des Grandes Purges staliniennes, il fût arrêté, emprisonné et exécuté en tant qu’ « ennemi du peuple ». La raison de cette condamnation n’a jamais été très claire : on lui aurait reproché d’avoir embauché un ami, ancien secrétaire de Trotski, mais surtout d’être de confession juive… Sa famille, restée sans nouvelles, espérait toujours le retrouver vivant après des années de camp ; elle n’apprendra la sinistre vérité qu’en 1956, lors de la déstalinisation, soit 19 ans plus tard…

Sa mère, Rachel Messerer (1902-1993), actrice de cinéma muet, considérée comme « membre de la famille d’un traître à la Patrie », est arrêtée quelques mois après son mari et envoyée dans un camp au Kazakhstan, avec son dernier enfant alors âgé de 7 mois.

La petite Maïa avec ses parents

Découverte de la danse

Afin d’éviter à Maïa et à son frère Amik d’être placés en orphelinat, leur tante Soulamith Messerer (1908-2004), à l’époque première danseuse du ballet du Bolchoï, obtient des autorités la garde des deux enfants. (Elle réussira également à faire libérer sa soeur et son neveu en 1941). Son mari Assaf était considéré comme l’un des meilleurs professeurs de l’Ecole de danse du Bolchoï.

Maïa avec son oncle

C’est donc dans ce nouvel environnement familial que Maïa se destine naturellement à la danse et fait son entrée à l’Ecole du Bolchoï. Elle y travaille dur et découvre, grâce à la danse, l’apprentissage de la volonté, du courage et de la force de caractère. Ne jamais abandonner, ne jamais capituler, toujours persévérer. Maïa écrira dans ses Mémoires : « L’Art m’a sauvée. Je me suis concentrée sur la danse, je voulais que mes parents soient fiers de moi. »

Comment se construire dans l’adversité

Un environnement hostile à une fille d’ « ennemi du peuple »

En 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, Maïa Plissetskaïa intègre le Corps de ballet du Bolchoï mais n’y reste que très peu de temps. Son talent prodigieux est très vite remarqué et Maïa se retrouve propulsée sur le devant de la scène en étant nommée « soliste ». C’est le début d’un long parcours du combattant … Malgré son immense succès, elle doit lutter sans cesse contre un climat ambiant hostile à une jeune Juive, fille d' »ennemi du peuple », dans un pays notoirement antisémite. Elle refuse de prendre sa carte au Parti Communiste. Les autorités la surveillent de près, ses collègues la harcèlent, et les officiels du Parti lui infligent de continuelles vexations. Dans ce monde où tout était régi par la politique, elle faisait preuve de beaucoup de courage au quotidien pour affronter la défiance permanente des autorités.

Portrait officiel de Maïa Plissetskaïa au Théâtre Bolchoï de Moscou

Maïa Plissetskaïa raconte qu’un soir, Joseph Staline décida de célébrer son anniversaire au Bolchoï : « J’avais peur. J’étais morte de trac et le parquet était une véritable patinoire. Je scrutais sans cesse le public, cherchant qui était responsable du malheur de ma famille. » Elle restera en permanence en alerte, méfiante face au pouvoir soviétique.
Les tournées à l’étranger lui seront longtemps refusées, de même que de nombreux rôles. Elle évoquera plus tard avec humour les stratagèmes qu’elle devait toujours trouver pour figurer dans une production : « en amenant au garage la voiture du chorégraphe, en préparant un dîner pour ses invités et en faisant la vaisselle ensuite, en critiquant ses ennemis et en le complimentant … nos Stalines en miniature étaient les plus sensibles à la flatterie…. »

Maïa Plissetskaïa s’impose malgré tout comme une artiste d’exception

Indépendante et audacieuse, courageuse et volontaire, Maïa ne cesse de se battre pour sa dignité. Elle se bat, et elle danse. « L’essentiel est d’être une artiste et de comprendre pourquoi tu es sur scène. Il ne suffit pas de bien lever la jambe. », assurait-elle pour expliquer le secret de son succès. Car le public ne s’y trompe pas. Sa grâce irréelle, son sourire éclatant, son port d’altesse, sa présence lumineuse, son charme et son élégance séduisent en un instant. Dotée d’un grand sens artistique et d’une technique irréprochable, Maïa Plissetskaïa marque à jamais des ballets classiques comme La Belle au Bois Dormant, Le Lac des Cygnes, ou encore La Mort du Cygne.

Ses longs bras aériens firent une partie de son succès planétaire. Ils resteront à jamais associés aux ailes du Cygne, dans le célèbre ballet de Tchaïkovski Le Lac des Cygnes (1875), comme dans le non moins célèbre ballet La Mort du Cygne (1907), du chorégraphe russe Mikhaïl Fokine, inspiré de l’oeuvre de Camille de Saint-Saëns. On disait que nulle danseuse ne savait aussi bien qu’elle évoquer la grâce noble et douloureuse du cygne. Le jeu ondoyant de ses bras et les inflexions de sa nuque fascinaient le public autant que sa technique infaillible et son allure royale. Maïa Plissetskaïa était cygne jusqu’au bout de ses bras puissants et fluides, qui semblaient s’appuyer sur l’air, prêts à prendre leur envol. Elle avait des frémissements palpitants, des ployés renversants, une présence dramatique et une technique brillante qui la laissent à ce jour inégalée dans son interprétation de la Mort du Cygne. Elle s’impose comme une artiste d’exception, dont Maurice Béjart dira qu’ « elle a des bras que personne ne possèdera jamais « … Je vous laisse en juger en regardant ce célébrissime moment de La Mort du Cygne…

Après avoir reçu le titre d’Artiste nationale de l’URSS en 1958, lorsque deux ans plus tard Galina Oulanova (1910-1998) quitte la scène, Maïa Plissetskaïa sera à son tour nommée danseuse « Etoile », puis « Prima Ballerina Assoluta » en 1962. Ce titre est exceptionnel : Oulanova et Plissetskaïa sont les deux seules ballerines russes à l’avoir reçu à ce jour.

La rançon du succès en Union Soviétique

Le Cygne, rien que le Cygne


Chacune de ses représentations se jouait à guichets fermés. On présente Maïa Plissetskaïa à tous les étrangers en visite à Moscou, et on l’utilise comme un trophée devant des personnalités en l’honneur desquelles est systématiquement programmé Le Lac des Cygnes, l’une des rares oeuvres alors tolérées sur scène par le régime. « Kroutchëv n’en pouvait plus de ce lac ! », dira t-elle avec amusement. Elle-même se sent coincée dans ce ballet : « En sera t-il toujours ainsi jusqu’à la fin de mes jours de danseuse ? Le Lac, rien que Le Lac ? » Elle l’a dansé plus de 800 fois …

Encore de nos jours, Le Lac des Cygnes est un ballet mythique en Russie. Il est invariablement diffusé à la télévision le soir du 31 décembre et fait vraiment partie du rituel de changement d’année. A tel point que, lorsque le soir du 31 décembre 1999, la télévision le diffusa en boucle, les Russes pressentirent quelque chose d’anormal : c’est en effet ce soir-là que Boris Eltsine, alors président de la République, prit enfin la parole et annonça sa démission.

Des tournées à l’étranger sous haute surveillance

A l’âge de 30 ans, Maïa Plissetskaïa a déjà dansé devant tous les grands de ce monde en visite à Moscou, mais le pouvoir soviétique ne lâche pas l’enfant « d’ennemi du peuple » qu’elle est ; elle est interdite de sortie d’URSS, et en permanence filée par les services du KGB. C’est finalement Nikita Kroutchëv qui, en 1959, l’autorise à se rendre en tournées à l’étranger. Le gouvernement l’utilise alors comme Ambassadrice des Arts à l’extérieur du pays, tout en la surveillant de très près.


Considérée comme « politiquement peu sûre », dotée d’un caractère courageux et entier, voire rebelle, Maïa Plissetskaïa est en lutte incessante à la défiance des autorités et sera contrôlée plus que jamais après le passage à l’Ouest de Rudolf Noureev (1938-1993), en 1961. Maïa sera terrorisée lors de sa seconde tournée en Amérique du Nord, en 1962, lorsque, Noureev lui ayant fait parvenir incognito un magnifique bouquet de roses, elle trouve le lendemain dans sa loge deux agents du KGB qui s’inquiètent faussement de savoir ce qu’elle ferait si le danseur était à New-York et lui faisait parvenir un bouquet de fleurs …Et lorsqu’on lui demandait pourquoi, finalement, elle n’était pas restée à l’Ouest, Maïa Plissetskaïa répondait simplement : « J’avais peur qu’ ILS me tuent…Combien de fois est-ce arrivé à des dissidents ? Ils ont été innombrables. Mon époux et ma famille restaient en gage en Russie. Je savais ce qui les attendait si je ne revenais pas. »

Lecture de la presse américaine, New-York, 1962

Le gouvernement soviétique lui fera également payer très cher sa relation amicale avec Robert Kennedy. Elle l’avait rencontré en 1962, au cours de sa seconde tournée aux USA. Il ne cachait pas son affection pour la ballerine, et ne manqua pas de lui fêter son anniversaire (ils étaient nés le même jour) en lui offrant un bracelet en or avec deux médaillons représentant un Scorpion, leur signe du Zodiaque , et l’Archange Saint Michel. Après l’avoir longuement questionnée sur cette relation, le pouvoir décida de lui interdire de quitter le territoire pendant les six années suivantes.

L’étau se resserre

Elle endura alors les pires affronts dans son propre pays. «Je me souviens» dit-elle, «d’une représentation du Lac des Cygnes au Bolchoï où le KGB tentait d’interdire les applaudissements. A ma première entrée, l’ovation fût si longue, que le chef d’orchestre n’a pu attaquer et que mes jambes tremblaient. Ces applaudissements étaient une protestation contre mon interdiction de tournée lancée par les autorités.» A propos de cette privation de liberté, elle écrira encore : «Répétitions, cours, représentations, ateliers, cantine…J’étais au service du Théâtre. Je me devais de sourire devant les gens, de jouer l’insouciance, le détachement. Tout est normal, mes chers collègues. Tout va bien. Parfait. Mais mon âme, des tigres la déchiraient en lambeaux. On peut se donner une semaine, un mois. Mais six ans ! Vivre ainsi six ans ! J’avais très mal, j’avais très honte.»


Lorsqu’elle reçut la Légion d’Honneur des mains de François Mitterrand en 1986, un fonctionnaire de l’Union Soviétique lui demanda : « Pourquoi vous a t-on donné cette décoration ? N’est-ce pas réservé aux Résistants ? » Maïa répondit :  » Mais j’ai résisté toute ma vie … »


Le combat pour la liberté de danser autrement

Alors qu’elle a dansé magistralement tous les rôles du grand répertoire classique, Maïa Plissetskaïa, en pleine consécration, reste malgré tout insatisfaite et aspire à danser autrement. « Je dansais du classique, mais je rêvais de faire du moderne, ce qui était irréaliste, car cela nous était inaccessible. » Les années passant et les chefs d’Etat changeant, l’oppression purement politique va se déplacer dans un domaine plus idéologique : cette fois, l’ennemi sera la censure.

Carmen-suite

La ballerine commence à réaliser son rêve en 1967, grâce à une rencontre à Moscou avec le chorégraphe cubain Alberto Alonso (1917-2008) : « C’était comme si un serpent m’avait mordue » dira t-elle. Et parce qu’il vient de Cuba, autre pays communiste, elle obtient du gouvernement le droit de travailler avec lui. Alonso composera pour Maïa Carmen-suite, mais cette représentation avec une gitane dont tout le corps jusqu’aux pointes crie la séduction, fera scandale.


Le public soviétique n’est pas prêt pour ce genre de spectacle qui sera annulé dès la seconde représentation. Acceptant de donner une interprétation plus sobre, Maïa est autorisée à reprendre.


Maurice Béjart

Avec Maurice Béjart, 1976

A l’âge où les ballerines ont ordinairement quitté la scène, Maïa Plissetskaïa entame avec beaucoup d’énergie une seconde carrière avec des chorégraphes contemporrains, comme Roland Petit ou Maurice Béjart, qu’elle fera découvrir à la Russie, les soutenant vaillamment face à une société qui voit avec réticence briser les carcans de la tradition classique. Maurice Béjart dira de Maïa : « Maïa Plissetskaïa a assimilé la grande tradition, l’a digérée et retraitée, ce qui lui a permis de gagner la liberté. Quoi qu’elle danse, je sens en elle une force vitale énorme, la sensualité, mais avant tout la modernité. » Béjart crée pour elle, en 1976, le ballet Isadora, inspiré de la vie et de l’oeuvre de la grande ballerine américaine du 20ème siècle,Isadora Duncan. Ce ballet connut un succès retentissant. Maïa Plissetskaïa interpréta aussi le fameux Boléro de Ravel, mis en scène par Maurice Béjart. La sensualité lancinante du Boléro irrita autant les autorités qu’elle subjugua les spectateurs ! Regardez la vidéo de ce passage du Boléro et laissez-vous envoûter par Maïa Plissetskaïa … Ne résistez pas, entrez dans la danse, et le charme opèrera !

Créations personnelles

Dans sa quête de nouveauté, elle chorégraphie et met en musique, avec son mari, le compositeur Rodion Chtchéchine, de nouveaux ballets d’après des oeuvres classiques russes : Anna Karénine (1971), La Mouette (1980), ou encore La Dame au Petit Chien (1985), des oeuvres audacieuses dont elle dansa elle-même les premiers rôles. Mais la critique est à nouveau sévère, les milieux conservateurs considérant que les oeuvres classiques de la littérature russe ne sont pas faites pour être dansées.

Une reconnaissance planétaire

Maïa la Muse

La beauté, l’élégance et le talent de Maïa Plissetskaïa n’inspirèrent pas seulement les chorégraphes mais également les poètes (Aragon), les peintres (Chagall, qui dessina à son image les danseuses des mosaïques du Metropolitan Opera de New-York), les photographes (Richard Avedon, Cecil Beaton), les couturiers ( Pierre Cardin lui offrira des costumes pour ses propres ballets, et la fera participer à son défilé de mode en 1997), des metteurs en scène (son talent de comédienne sera remarqué dans le rôle d’Anna Karénine, du cinéma soviétique). Et Mao la couvrira de roses blanches…

Dans le film « Anna Karénine », 1968

Un triomphe exceptionnel

Maïa Plissetskaïa reçut de très nombreuses récompenses de l’Etat soviétique puis de la Féderation de Russie. A l’étranger, si l’Amérique lui fit un triomphe, c’est cependant en Europe que Maïa Plissetskaïa  connut ses plus grands succès. Elle y sera directrice du Ballet de l’Opéra de Rome (1984-1985), puis du Ballet national espagnol de Madrid (1987-1989), ainsi qu’artiste invitée de l’Opéra de Paris, du Ballet du XX ème siècle de Béjart, du Ballet de Nancy, de Lausanne, et de la plupart des festivals importants, s’étonnant toujours de l’accueil qui lui était réservé.

Danser sans fin

La Diva du Bolchoï quitte officiellement son poste de soliste en 1990, à l’âge de 65 ans. Sa carrière fût longue, internationale et riche d’hommages inombrables, tel cet Ave Maïa, gala magnifique, écrit pour elle par Maurice Béjart à l’occasion de son anniversaire de 70 ans, en 1995 : elle dansa sur scène, et le reprit même dix ans plus tard. « Bien sûr je ne saute plus aussi haut, mais je sens toujours ma force d’hier. », déclara t-elle. Eternelle et splendide Maïa Plissetskaïa !


En 2006, l’empereur Akihito du Japon lui remit le prestigieux Praemium Imperiale, considéré comme le Nobel dans le domaine des Arts, félicitant ainsi celle qui changea à tout jamais le ballet, plaçant désormais très haut la barre pour les ballerines du monde entier.

Maïa Plissetskaïa s’est éteinte à Munich, le 2 mai 2015, à l’âge de 89 ans. Selon sa volonté, ses cendres furent dispersées au-dessus de la Russie.

Comme aimait à le répéter son fidèle ami Pierre Cardin, « Maïa était la plus haute technologie de la nature et son principe fondamental était le mouvement éternel. » Fidèle à son rêve, Maïa Plissetskaïa n’a jamais cessé de danser, devenant la fierté de toute une nation et une ballerine célébrissime et exceptionnelle, libre de danser, libre de vivre…


Pour poursuivre avec Maïa …

Aux sports d’hiver, 1962

  • Maïa Plissetskaïa était toujours élégante et très soignée. A une réception officielle, Nikita Khroutchëv lui-même lui fait des reproches :  » Vous êtes trop bien habillée. Vous êtes riche et menez grande vie ? » Maïa préféra se taire et ne pas avouer qu’elle achetait ses robes au marché noir à un prix exorbitant, à une certaine Clara, spéculatrice de renom …

Cocktail avec la délégation de Grande-Bretagne

  • Maïa Plissetskaïa adorait les crèmes nourrissantes pour la peau. Le soir, elle s’en enduisait le visage, et allait faire des parties de patience (jeu de cartes) dans la cuisine. Ces parties pouvaient se prolonger jusque tard dans la nuit, Maïa Plissetskaïa souffrant d’insomnie que seuls les somnifères arrivaient à calmer.

  • Maïa Plissetskaïa a épousé Rodion Chtchechine (né en 1932),célèbre compositeur, en 1958. Ils ont fêté leurs 57 ans de mariage. Quand ils se sont rencontrés, ils ne se sont pas mariés tout de suite, mais, sur les conseils appuyés du ministre de la Culture de l’époque, ils comprirent que le fait d’être mariée permettrait à Maïa de plus facilement quitter le pays pour partir en tournée à l’étranger. Maïa et Rodine vécurent une magnifique histoire d’amour ensemble. Pendant les tournées de Maïa, ils échangeaient beaucoup, par courrier ou parfois par téléphone. Quand Maïa partit pour la première fois en tournée aux Etats-Unis pendant 73 jours, Rodion avait accroché au-dessus du téléphone une feuille avec 73 cases numérotées qu’il cochait consciencieusement chaque jour… Le couple n’eût pas d’enfant.

  • Avant d’enfiler ses pointes, Maïa prenait toujours soin de bien  mouiller leurs semelles en cuir avec de l’eau chaude, afin qu’elles se rétractent un peu en séchant et lui serrent bien le pied.

  • Maïa Plissetskaïa était gauchère, mais pouvait coudre des deux mains !

 

  • Maïa Plissetskaïa n’a jamais fumé de sa vie. Elle ne supportait pas plus d’un verre de vin, et n’a jamais fait de régime : « il suffit de manger moins ! »disait-elle. Son plat préféré était le hareng ( classique pour une Russe !).

  • Maïa Plissetskaïa adorait le football. La veille de sa mort, à 89 ans, elle assistait avec son mari à un match à Munich !
  • Son ami Pierre Cardin l’a souvent habillée, dans la vie comme sur scène. Pendant les années soviétiques, le Ministère de la Culture ne permettait pas que le nom d’un étranger apparaisse sur l’affiche d’un spectacle, et celui de Pierre Cardin ne fût donc jamais visible. Cela affecta beaucoup Maïa Plissetskaïa.

Avec Vladimir Poutine, le 20 novembre 2003

  • Le 20 novembre 2015, la ville de Moscou inaugura, en plein centre-ville, un square et une très belle statue en bronze, en souvenir de Maïa Plissetskaïa.



Commentaires (8):

  1. Cécile

    24 octobre 2017 à 9 h 54 min

    moi aussi, complètement fascinée par les ailes du cygne, ce ne sont plus des bras, c’est merveilleux! et petit pensée pour Mathilde quand elle avait dansé près du magasin de jeux…..Merci Marion, je suis accro !

    Répondre
    • Marion

      24 octobre 2017 à 10 h 20 min

      Merci Cécile ! Contente de voir que la magie de Maïa a opéré… oui, une pure merveille ! Et merci pour ta fidélité !!

      Répondre
  2. Solange

    23 octobre 2017 à 9 h 14 min

    Quelle femme! Quels bras! incroyable cette mort du cygne! J’étais scotchée par la vidéo… Merci Marion d’avoir redonné vie à Maia!
    Solange

    Répondre
    • Marion

      23 octobre 2017 à 9 h 52 min

      Oui, un bel exemple de courage, de volonté, et de beauté ! Merci Solange pour ce message si enthousiaste et admiratif.

      Répondre
  3. Myriam

    22 octobre 2017 à 22 h 54 min

    merci Marion, passionnant, comme toujours, c’est beau !

    Répondre
    • Marion

      23 octobre 2017 à 8 h 02 min

      Merci Myriam ! Ce fût un réel plaisir d’écrire sur Maïa Plissetskaïa et de faire découvrir cette merveilleuse danseuse..une femme de caractère et de talent !

      Répondre
  4. Valérie Blavignac

    21 octobre 2017 à 22 h 33 min

    Magnifique évocation. Merci Marion

    Répondre
    • Marion

      22 octobre 2017 à 8 h 32 min

      Merci Valérie !

      Répondre

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