L’isba russe : symboles, croyances et traditions

Qui dit « isba », dit « campagne russe » ! L’isba est la maison traditionnelle des paysans russes et fait entièrement partie du folklore du pays. Jusqu’au 10ème siècle, elle n’était qu’une cabane de rondins, aux trois-quarts enterrée, avec un toit de chaume et une petite ouverture en guise de porte. Point de fenêtre. L’élément principal en était un foyer de pierre à l’intérieur, qui chauffait mais enfumait aussi énormément l’espace. Les années passant, l’habitat paysan évolua : l’aspect extérieur comme intérieur se modifia et s’organisa pour pouvoir accueillir jusqu’à une douzaine de personnes en son sein.Etudier cette évolution sous un angle purement descriptif n’aurait pas beaucoup d’intérêt, tant les rituels et les croyances sont au coeur même de l’organisation de la vie paysanne russe, et notamment de l’isba. Il faut retrouver les symboles et les idées cachées dans l’imaginaire populaire, pour comprendre la raison d’être de tel ou tel élément, ou de telle ou telle superstition qui demeure encore aujourd’hui dans le quotidien des Russes, qu’ils soient paysans ou citadins ! Et la démarche devient alors passionnante …

Chaussez vos bottes, je vous emmène faire un tour dans la campagne russe !

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Alexeï Savrasov. Paysage et isba. 1866

La construction de l’isba

Où construire ?

Le choix du futur lieu de l’isba n’était pas anodin. Il fallait éviter de choisir l’emplacement d’ un ancien cimetière, ou d’une ancienne isba qui avait connu le malheur (incendie, épidémie, mort inexpliquée…). Il ne fallait pas non plus construire au bord d’une route, voire pire, à un croisement de routes : l’isba pourrait en être perturbée et se révéler instable. L’idéal était de trouver un endroit sec et lumineux, paisible, où des gens avaient vécu heureux. Un lac ou une rivière à proximité procureraient un accès à la pêche, à la baignade, à la navigation, en plus d’une vue agréable … Le choix devait être bien réfléchi.

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Andreï Drozdov. Devant chez Fiodor.

Quels arbres choisir ?

L’isba étant construite tout en bois, avec à l’origine un toit de chaume, elle est entièrement liée à la Nature qui, toujours d’après les croyances populaires, lui transmet son énergie. Le bois qui permet une excellente isolation thermique été comme hiver, et les plantes médicinales qui sèchent à l’intérieur de l’isba, en font un véritable cocon de protection naturelle. De plus, la bonne odeur du bois procure un immédiat sentiment de bien-être.

Les arbres doivent être choisis grands, forts, et vigoureux. Un arbre trop vieux ou malade risquerait d’apporter des maladies dans le foyer. De même, on ne choisira pas un arbre en bordure de chemin : symbole de fragilité et d’instabilité, et donc peu fiable, il pourrait ultérieurement se détacher de la construction et faire écrouler l’isba. Non, on ne le prendra pas !

Les isbas étaient construites avec du bois de pin ou d’épicéa, jamais de bouleau. Cet arbre vénéré (cf. article déjà paru) avait d’autres fonctions …

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Vassili Sourikov. Isba. 1873

Les préparatifs

Les troncs d’arbre étaient coupés en novembre-décembre, taillés, préparés, et stockés verticalement, appuyés en arrondis les uns contre les autres (comme une hutte ronde) pour faciliter le séchage. Puis, au début du printemps, la construction de l’isba commençait, entreprise par un petit groupe d’hommes (parents, voisins) réuni autour du projet. Elle allait durer jusqu’à la fin de l’été.

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La base de l’isba était souvent composée de grosses pierres. Puis venait le premier rang de rondins. Selon la tradition, on déposait alors une chose spécifique dans chaque angle de la future isba : une pièce de monnaie, une touffe de laine de mouton, quelques grains de céréale, et de l’encens. Tout ceci afin de garantir prospérité, chaleur, abondance et sainteté tout au long de la vie des habitants de la future isba.

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Respectant d’anciens rites païens invitant à ne pas contrarier les esprits au moment crucial de la construction de la nouvelle isba, les paysans russes procédaient également à un sacrifice d’animal (le plus souvent un poulet, parfois un mouton, voire un cheval) et enterraient la tête ainsi coupée au centre du futur foyer. L’esprit de l’animal devait être le premier à habiter les lieux. Lorsque les toits ne seront plus de chaume mais de bois, la poutre centrale qui siègera au sommet du toit et en garantira ainsi l’étanchéité, sera d’ailleurs sculptée à l’extrémité avec la forme de la tête de l’animal sacrifié,

C’est intéressant de constater que cette idée d’esprit animalier demeure encore de nos jours, lorsque de nouveaux propriétaires investissent leur logement : parfois, avant d’y entrer eux-mêmes, ils laissent un chat ou un chien (le leur…ou emprunté pour l’occasion !) les précéder. La tradition se perpétue, mais point de sacrifice désormais … On notera que la plupart des isbas du nord de la Russie comportent d’ailleurs des chatières dans le bas des portes.

Construction et libations

Jusqu’au milieu du 19ème siècle, les isbas étaient exclusivement construites à la hache, sans clou aucun. Puis, progressivement, la scie sera également utilisée. De petite taille à l’origine, les isbas s’avèrent finalement imposantes, jusqu’à atteindre une longueur de 8 à 10m, correspondant à la longueur maximale pour que les troncs d’arbre assurent une résistance fiable.

Chaque étape de la construction de l’isba donne lieu à un repas festif : pose du premier tour de rondins, pose des murs extérieurs, et du toit. Lorsque l’isba est terminée, on célèbre une grande fête où tout le village est invité.

L’aménagement intérieur

L’isba russe est un ensemble symbolique complexe. Dans l’imaginaire du paysan russe, elle est considérée comme un être vivant qui voit, entend, et ressent. Ce n’est pas par hasard si les noms de différents éléments qui la composent font allusion au corps humain ( par exemple, окно (okno, la fenêtre) se réfère à l’ancien mot oko (oeil), устье (oust’e, l’ouverture du poêle) se réfère à l’ancien уста (la bouche)). Et le mot-même изба (isba), vient de is-topka, du verbe « chauffer » (celui qui est chauffé). L’isba traditionnelle était une grande pièce d’environ 25 m2 où les paysans cuisinaient, mangeaient, dormaient, et dont l’objet central était le poêle. Le poêle, considéré comme celui qui chauffe, réchauffe, maintient la vie : le coeur de l’isba. L’isba, être vivant au coeur qui bat…

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Vassili Maksimov. L’aveugle. 1884

Красный угол ( Krasniï ougol )

( Petite précision linguistique : l’adjectif красный (krasniï) en russe ancien signifie « beau ». (aujourd’hui, il est traduit par « rouge »). угол veut dire « l’angle, le coin ». Pour évoquer cet endroit spécifique de l’isba que vous verrez parfois traduit par « le coin rouge » (non !), j’ai choisi de parler du « bel angle ». Propre choix de traduction…)

L’isba russe était construite selon un schéma bien déterminé, même s’il existait 3 ou 4 variantes possibles selon les régions. La règle de base était la suivante : en entrant dans l’isba, le « bel angle » devait être immédiatement visible. C’est l’endroit le plus important de l’isba, l’angle de la maison où sont installées les icônes, toujours posées verticalement sur une étagère haute, jamais suspendues surtout : elles sont considérées comme vivantes et ne peuvent être meurtries.

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Vassili Sourikov . Le coin des icônes. 1880

Le « bel angle » est toujours situé dans le coin sud-est de l’isba, entre deux fenêtres si possible, pour recevoir la lumière naissante du soleil. Dans l’angle opposé au nord-ouest, sombre, on trouvera le poêle.

Lorsqu’un visiteur entrait dans l’isba, il disait une prière devant les icônes, puis, s’il n’était pas invité à s’asseoir, il pouvait revenir vers l’entrée et rester sur le banc appelé « banc du mendiant », placé là dans toutes les isbas pour accueillir qui que ce soit. On lui servait à boire et à manger.

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Vladimir Makovski (1846-1920)i . Dans l’isba du garde-forestier.

Il est très intéressant de constater à quel point le folklore russe est un lieu d’échange entre les traditions païennes et les traditions chrétiennes. L’isba en est un parfait exemple !

Le « bel angle », ou красный угол, est le lieu de la symbolique chrétienne, avec les icônes, la Bible, les cierges, et même plus tard les photos des morts de la famille. La table familiale de l’isba en fait également partie, et représente le meuble le plus important de l’isba.

Elle est placée dans cet angle de l’isba, sous les icônes, dans le sens des demi troncs d’arbre, puis plus tard des planches, posés au sol (ce n’est qu’à partir du 18ème siècle que le sol en bois remplace la terre battue.) Pour le paysan russe, la table est comme l’autel de l’église. On n’y pose rien d’autre que de la nourriture, et on y laisse en permanence du pain. Elle est toujours très bien tenue et propre. Taper sur la table était un péché, monter dessus…un sacrilège ! La place assise du chef de famille est toujours sous les icônes.

Si par malheur la table devenait bancale, c’était le signe de la mort prochaine du chef de famille…

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Vassili Maksimov. Le mari malade. 1881

On croyait également que l’espace sous la table ne restait jamais inoccupé : soit le diable s’amusait à s’y balancer sur les pieds des personnes ( interdit de croiser les jambes et de balancer le pied resté en l’air, signe visible de sa présence !), soit le Domovoï (esprit protecteur de la maison) y jouait des tours, soit les âmes des personnes décédées de mort violente y erraient.

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Ivan Koulikov. Intérieur d’une isba paysanne. 1902

Les icônes

Extrêmement respectées, les icônes sont source de très nombreux rituels et traditions au coeur de l’isba russe. Lors d’un repas de fête, où l’on dansait et chantait, on recouvrait pudiquement les icônes d’un linge propre. Si une icône se fissurait ou tombait à terre, on pressentait un terrible malheur pour l’un des membres de la famille. Il était interdit de détruire ou de brûler une icône. On ne pouvait que l’enterrer ou la laisser aller au fil de l’eau. On ne pouvait non plus la vendre, il fallait procéder à un échange. Les icônes étaient nettoyées deux fois par an, à Noël et à Pâques, et l’eau utilisée à cette fin était ensuite jetée à l’extérieur, juste derrière le « bel angle » des icônes. Tourner une icône face au mur était un sacrilège ! Dans l’isba, on dormait toujours la tête orientée vers les icônes, jamais les pieds …

Il est amusant aussi de savoir que la tradition voulait que l’icône et la hache demeurent rigoureusement à l’opposé et le plus loin possible l’une de l’autre. La hache est rangée sous le banc, la lame face au mur, dos tourné à l’icône.

Et puis, dans certaines régions de Russie, aux premiers jours du printemps, et au retour des chauds rayons du soleil, on avait comme tradition de fabriquer une petite araignée avec un disque de papier (symbole solaire) et des brins de laine. On l’accrochait ensuite dans le « bel angle » des icônes, en signe de retour de la vie (printemps) dans la maison. Depuis, l’araignée est traditionnellement très respectée lorsqu’elle tisse sa toile dans une maison. Les Russes disent qu’elle a choisi votre maison pour y installer la sienne, et qu’elle vous portera chance ! Malheur à celui qui l’écrase ! A méditer (moi la première !)…

Le poêle (печь, piétch)

Autant le « bel angle » (красный угол) représente le centre chrétien de l’isba, autant le poêle, dans l’angle opposé représente le centre païen. Dans les premières isbas, plus petites, le poêle pouvait occuper le quart de la surface au sol. Toute la zone autour de lui est considéré comme l’espace des femmes, et les hommes ne s’y aventuraient pas. Leur espace à eux était à l’opposé, près des icônes.

Jusqu’à la fin du 17ème siècle, les poêles des isbas n’ont pas de conduit externe d’évacuation de la fumée. L’aération de l’isba se faisait uniquement par la porte et par des petites trappes découpées dans les rondins des murs. Les conditions d’hygiène étaient déplorables, la suie envahissant tout l’intérieur de l’isba. On les appelaient alors les « isbas noires ».

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Ilia Répine. Intérieur d’isba. 1895

Au 18ème siècle, le Tsar Pierre Ier (Pierre-le-Grand) passe un décret interdisant de construire dans la région de Saint-Petersbourg des isbas sans cheminée. Les isbas deviennent « blanches ». Mais, ailleurs, avoir une « isba blanche » est un signe de richesse que peu de paysans peuvent s’offrir. Il faudra attendre encore un siècle avant de voir cette amélioration spectaculaire se généraliser.

Le poêle était allumé le matin et chauffait toute la journée. Il servait de chauffage, de four à pain, de lieu de cuisson des aliments, et permettait de chauffer l’eau pour le bain des jeunes enfants. De plus, il offrait une couchette agréablement chauffée sur son dessus. C’était souvent la place du grand-père ou de la grand-mère. Les autres dorment par terre, ou sur les bancs fixés le long des murs de l’isba. (C’est de là que vient l’habitude des Russes de toujours installer les lits simples le long des murs, et non perpendiculaires à eux.)

Les enfants sont souvent installés dans les couchettes en hauteur, appelées « poliati », au-dessus du poêle. Les lits feront timidement leur apparition à partir de la fin du 19ème siècle. Les affaires sont rangés dans des coffres. Le mobilier de l’isba paysanne est plus que sommaire.

Dans les croyances et les rituels des paysans russes, le poêle tenait une place centrale. Il représentait ce qui était favorable à la famille. Un dicton dit même : « celui qui s’est assis sur le poêle n’est plus mon invité, il est des nôtres. » D’ailleurs, l’esprit de la maison, le Domovoï, protecteur et bienfaiteur, se tenait, dit-on, sous le poêle. Les moments importants de la vie comportent des rituels en lien avec le poêle de l’isba. On y posait le bébé qui venait de naître, la jeune fiancée qui quittait l’isba paternelle pour se marier lui faisait ses adieux, et en cas de départ prolongé, il ne fallait pas oublier de le toucher pour être sûr de revenir.

Le conduit du poêle a, lui, un rôle spécifique : il fait la liaison avec l’autre monde. Quand quelqu’un mourait, on ouvrait la porte du poêle pour que l’âme trouve son chemin. Si un visiteur se faisait attendre, si du bétail était égaré, ou si le chien de la famille avait disparu, on les appelait par le conduit. Le jour de la fête des morts, on appellait également les anciens de cette façon pour les inviter à venir partager le repas organisé en leur honneur. Mais, par contre, on craignait toujours que des esprits malins pénètrent dans l’isba par ce moyen-là. Du coup, le soir, quand le poêle était éteint, on en fermait bien la petite porte.

La symbolique des portes

Les portes étaient situées sur le côté ou à l’arrière de l’isba.

Elles avaient une très forte connotation symbolique, dont on retrouve toujours aujourd’hui des traces dans les superstitions. Les portes devaient être des filtres entre les « siens » et les étrangers, et par extension, entre les « siens » et les forces du Mal (le diable et ses suppôts). Elles devaient les empêcher d’entrer dans l’espace paisible et familial de l’isba. C’est dans ce but que les paysans dessinaient sur les chambranles extérieurs des portes des symboles païens, mais aussi des croix orthodoxes tracées avec un cierge (celui allumé le Jeudi Saint était dit plus efficace). De plus, ils clouaient au-dessus des portes un fer à cheval et une lame de couteau ou de faux pour couper le passage aux mauvais esprits. Les isbas plus cossues auront aussi des symboles disposés un peu partout sur la façade, et notamment le long du toit. L’effet décoratif qui saute aux yeux masque en fait une raison hautement symbolique (cercles solaires, lignes brisées des éclairs, symboles de fertilité…)

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La porte est considérée comme une frontière entre son monde familier, rassurant, et le monde extérieur, hostile et incertain. Cette croyance amène aux interdits suivants (qui ont d’ailleurs perduré jusqu’à aujourd’hui, et que l’on attribue maintenant aux superstitions) : ne jamais rester debout sur le pas de la porte, ni parler à quelqu’un qui se tient de l’autre côté de la porte, ni lui serrer la main ou lui donner quelque chose sur le pas de la porte. Il ne faut pas non plus regarder par une porte d’entrée ouverte. Mais cette croyance tient aussi au fait que le seuil de la porte est lui aussi lié de près à l’au-delà. N’oublions pas que, jusqu’au 19ème siècle, plusieurs peuples dont les Russes, avaient pour coutume d’enterrer sous le seuil de la maison les nouveaux-nés morts sans être baptisés. Malheur à celui qui restait assis sur le seuil de la porte !

La symbolique des fenêtres

A l’origine, et ce jusqu’au 10ème siècle, les premières isbas n’avaient pas de fenêtres. Puis, l’isba en est équipée, mais seulement au nombre de trois, pour respecter le chiffre sacré de la Trinité.

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Isaac Lévitan (1860-1900)

Au 15ème siècle, sur les isbas des paysans riches, apparaissent de belles fenêtres joliment décorées, ce qui crée une nouvelle catégorie d’isbas : les « belles isbas » (красные избы). Mais ce n’est qu’à partir du 18ème siècle que les isbas agrandies, équipées d’un conduit d’évacuation de la fumée, se voient habillées de plusieurs fenêtres. Elles n’ont pas de vitres en verre, mais en mica ou en vessie de porc, selon la saison.

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isba, 1860

Cette évolution tardive a été freinée par de nombreuses croyances et traditions populaires. Les fenêtres sont les « yeux » de l’isba (okno, oko) qui permettent un échange de l’intérieur vers l’extérieur, mais aussi réciproquement. A part le soleil et la lumière, tout est vu comme un danger dont il faut se protéger (voleurs, curieux, pluie, vent, froid…). Pour empêcher les esprits malins de pénétrer par les fenêtres tout en laissant passer les anges gardiens, les paysans décorent également leurs fenêtres de symboles protecteurs. Ils les dessinent autour des fenêtres ou, plus tard, en sculptent leurs entourages.

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C’est par la fenêtre que s’établit la liaison directe avec le monde des morts, et c’est pour cette raison que les fenêtres des isbas russes resteront longtemps presque toujours fermées. Un oiseau rentré inopinément par une fenêtre annonçait une mort prochaine… Mais, il est aussi amusant de noter que, dans l’imaginaire populaire, l’ange gardien se tient sous la fenêtre, et c’est pour cela qu’il est interdit de cracher, jeter ou verser quoi que ce soit par celle-ci ! Et c’est d’ailleurs un endroit que les femmes privilégient toujours pour bavarder, loin des hommes, et à tout âge !

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Stanislav Babiouk (né en 1935)

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Guénadi Darine . Sous la fenêtre. 1979

Lorsqu’une isba est abandonnée ou inhabitée, tels les yeux et la bouche d’un mort que l’on ferme, la tradition veut que l’on cloue ses fenêtres et sa porte.

Au 20ème siècle

Jusqu’en 1950, l’intérieur des isbas ne connut que très peu d’amélioration.

L’électricité remplaça la lampe à pétrole et ouvrit la voie à la radio et la télévision. Après le 12 avril 1961, des portraits de Gagarine fleurirent même sur les murs des isbas.

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Stanislav Babiouk. isba centenaire.

Près des grandes villes, les isbas sont maintenant souvent devenues des datchas, résidences secondaires occupées le week-end, ou pendant les vacances. Rénovées et confortables, elles côtoient les isbas anciennes, bancales, vieillissantes, mais tellement charmantes ! Ensemble, elles contribuent à perpétuer ce patrimoine national qu’est l’isba paysanne, et participent à garder les campagnes russes si authentiques, et les traditions si vivaces !

Commentaires (24):

  1. Billiotte Françoise

    10 janvier 2018 à 22 h 51 min

    Quel article passionnant ! Sa spontanéité nous transporte immédiatement avec délices dans la campagne russe . C’est vrai qu’on se sent tellement bien dans une isba (datcha!) … sentiment de protection de sécurité… la datcha est fédératrice comme l’était l’isba !

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    • Marion

      11 janvier 2018 à 6 h 54 min

      Merci Françoise pour ce commentaire enthousiaste … et connaisseur ! À bientôt, j’espère, pour d’autres échanges !

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  2. Geneviève

    6 décembre 2017 à 16 h 51 min

    Entre la lecture d’un grand hebdomadaire et la lecture de tes articles, je me précipite sur tes articles : tellement pleins de charme, de variété, intéressants et écrits avec beaucoup de spontanéité . J’aime ! Vivement le prochain pour découvrir un nouveau pan de ce pays qui nous accueille !

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    • Marion

      6 décembre 2017 à 17 h 05 min

      Merci Geneviève ! Je suis flattée !! C’est vraiment super gentil. Je reprends ma plume de plus belle ! 😉

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  3. bonnet claude

    5 décembre 2017 à 8 h 54 min

    Merci pour tout: les sujets, le fond, la forme, l humour , la poésie, les photos et illustrations. C’est un réel enrichissement après la lecture de chaque article, j attends les autres avec impatience. Bravo.
    Claude

    Répondre
    • Marion

      5 décembre 2017 à 10 h 36 min

      Merci Claude ! Toutes ces félicitations et cet enthousiasme me touchent beaucoup ! Je suis heureuse de voir que ma passion pour la Russie est partagée !! Promis….les prochains articles arrivent ! Encore merci…

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  4. Florence B

    3 décembre 2017 à 22 h 07 min

    Ravi Marion pour cette passionnante lecture. Je regrette de ne pas avoir lu ceci avant d’y avoir dormi.,. J’y retrouve beaucoup de choses… que de recherches et quel talent pour les mettre en forme.. merci Marion
    Florence B

    Répondre
    • Marion

      3 décembre 2017 à 22 h 15 min

      Merci beaucoup Florence ! Ta reconnaissance et ta gentillesse me touchent sincèrement. Quant aux isbas, elles te tendent les bras, tu as l’embarras du choix !! Toutes plus charmantes les unes que les autres …Bonne nuit ! 😉

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  5. Francois

    2 décembre 2017 à 16 h 27 min

    Trop belles ces isbas russes ! Merci Marion !

    Répondre
    • Marion

      2 décembre 2017 à 17 h 02 min

      Oui, quelle charme…et quelle symbolique derrière ! On les aime !! Merci François !

      Répondre
  6. Elisabeth

    2 décembre 2017 à 11 h 48 min

    Bravo, bravo, bravo…quel merveilleux voyage tu nous invites à faire à chaque fois , et avec quel talent ! Tu mets des mots et tu rends accessible la magie que ce pays exerce sur nous…à quand un recueil de tous ces magnifiques voyages que l’on pourra offrir pour enfn partager notre amour pour ce pays méconnu…

    Répondre
    • Marion

      2 décembre 2017 à 13 h 22 min

      Merci, merci, merci !! Quelle joie de voir comme ce projet de faire découvrir cette Russie méconnue est apprécié…ton commentaire, Elisabeth, est une sacrée preuve de reconnaissance ! Vraiment merci.
      Quant au recueil…attendons encore un peu ! 😉

      Répondre
  7. Valérie

    2 décembre 2017 à 10 h 50 min

    Merci Marion quel bonheur de te lire !

    Répondre
    • Marion

      2 décembre 2017 à 11 h 35 min

      Merci Valérie ! Ton compliment me touche beaucoup, venant de toi la littéraire et la curieuse de cette belle Russie ! Bises

      Répondre
  8. de Besombes Daniel

    1 décembre 2017 à 22 h 35 min

    Merci, Marion.
    Tout cela est bien agréable à lire et rempli de poésie. Surtout continuez à nous faire rêver !
    Bien amicalement à vous

    Répondre
    • Marion

      2 décembre 2017 à 8 h 16 min

      Merci Daniel ! Le charme de la campagne russe agit…et promis, le rêve continue ! 😉

      Répondre
  9. Patricia

    1 décembre 2017 à 22 h 25 min

    Merci pour cette visite passionnante dans la campagne russe et ses isbas Marion! Superbe choix de photos et peintures qui illustrent parfaitement ton propos!

    Répondre
    • Marion

      2 décembre 2017 à 8 h 14 min

      Ce fût un vrai plaisir pour moi de me promener parmi tous ces tableaux de peintres russes, anciens ou récents ! Trésor inépuisable ! Merci Patricia.

      Répondre
  10. solange

    1 décembre 2017 à 19 h 30 min

    Merci beaucoup Marion pour cette visite commentée de l’isba russe! Et comme toujours, j’adore les reproductions des tableaux , elles permettent de découvrir des artistes qui nous sont souvent inconnus, et d’imaginer la campagne russe! Je vais essayer d’être plus tolérante avec les araignées!

    Répondre
    • Marion

      1 décembre 2017 à 20 h 05 min

      Merci Solange ! Tu as effectivement compris que j’aimais beaucoup la peinture russe….j’essaie de l’utiliser le plus souvent possible pour illustrer, j’aime ce côté authentique et personnel du témoignage de l’artiste. Quant aux araignées…commence par te familiariser avec une petite araignée de papier et de laine !!! Bises

      Répondre
  11. Danguy des deserts

    1 décembre 2017 à 18 h 32 min

    Les photos complètent superbement ce beau reportage qui donne envie de découvrir toutes ces isbas. Merci

    Répondre
    • Marion

      1 décembre 2017 à 19 h 57 min

      Merci ! Oui, il faut vraiment venir les voir …et l’hiver, la neige fait encore plus ressortir leurs couleurs, c’est vraiment joli !

      Répondre
  12. Florence

    1 décembre 2017 à 17 h 58 min

    J’ai moi-même une passion pour les « yeux » des isbas… Comme d’habitude, j’ai beaucoup appris ! Спасибо, Марион

    Répondre
    • Marion

      1 décembre 2017 à 19 h 50 min

      Merci Florence ! Des « yeux » pleins de mystère…

      Répondre

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