Le loup et la Russie (partie 2)

Le loup dans la culture russe

Après avoir rencontré le loup sur son territoire purement terrestre (voir partie 1), il est intéressant, à travers quelques exemples, de regarder comment son image est utilisée dans la culture russe, et à quelles fins. Créature mystérieuse et terrifiante, alliée des forces maléfiques ou exemple de sagesse à la beauté fascinante, symbole de puissance, d’intelligence, de liberté, ou de souffrance, le loup fait profondément partie de la culture russe. Mais selon le ressenti des hommes et le message à transmettre, différentes facettes du loup se retrouveront placées en pleine lumière, ou plongées dans l’obscurité …


Le loup respecté et craint dans la mythologie slave

Prédateur à la fois fascinant et effrayant, le loup provoqua très tôt une dualité dans l’esprit des premiers Slaves, qui le respectaient, le vénéraient, mais aussi le craignaient terriblement et le chassaient. Cette dualité s’exprima pleinement dans la façon dont le culte du loup s’installa dans la mythologie slave. En donnant à cet animal sauvage une dimension spirituelle et en le plaçant dans le monde des dieux, son côté mystérieux, tout-puissant, mais aussi maléfique trouvait une justification. Il était alors normal de le vénérer, ou de le combattre.

Chez les anciens peuples slaves, le loup était un animal totem, détenteur de forces supérieures. Selon la façon dont il était perçu, il était associé à un dieu différent :

  • Un animal mystérieux : Aux côtés de Khors, le loup prend une dimension mystérieuse liée à la nuit. Khors est le dieu de la Lune, et contrôle le temps entre le coucher et le lever du soleil. C’est un dieu capital dans la mythologie slave. Il est vrai que les loups sont très actifs la nuit, lorsque la lune est la seule source de lumière, et les nuits peuvent être bien longues dans l’hémisphère nord ! La sombre forêt mystérieuse dans laquelle ils vivent suscite également la crainte, et les hurlements nocturnes des loups sont interprétés comme des appels au dieu Khors. Vénérer le loup auprès de Khors revenait à accepter cette dimension mystérieuse de l’animal.

Le dieu Khors et ses loups

  • Un animal intelligent et rusé : Auprès du dieu Dajbog, dieu slave du Soleil, auquel les Slaves anciens prêtaient la capacité de se métamorphoser en grand loup blanc, le loup fascine. Les hommes voyaient en lui l’expression de la ruse permanente ; par cette métamorphose de tout instant, l’homme ne savait plus s’il faisait face au dieu Dajbog ou à un loup bien réel. L’animal jouait alors un rôle d’initiateur, dressant devant les hommes des obstacles à surmonter que leur proposait peut-être leur dieu …
  • Une force maléfique à combattre : Le loup est également associé à Vélès, dieu protecteur des troupeaux et des moissons, mais aussi et surtout dieu du monde souterrain du Royaume des Morts. Auprès de Vélès, le loup trouvait le pouvoir de communiquer avec les Morts. Vélès étant perçu comme le dieu des forces obscures, le loup devint en quelques sortes le chien des puissances du Mal, d’ailleurs à jamais indomptable par l’homme ! Le chasser, le tuer, l’exterminer revenait à combattre le Mal qui rôdait en permanence dans les environs.

Cette dimension spirituelle du loup incitait les hommes à se placer sous la protection de cet allié des dieux, et à s’imprégner de sa force et de sa puissance. Les Varègues, Vikings venus de Suède au 9 ème siècle, ne buvaient-ils pas du sang de loup avant de partir au combat ?!

 

Mariage selon le rituel des Slaves anciens

Le pouvoir didactique des contes populaires russes

Quelle est l’image du loup dans les contes russes ?

Le loup est un personnage très répandu dans les contes populaires de nombreux pays. Il existe des contes communs au répertoire russe et aux contes médiévaux de l’Europe occidentale. Mais, soyons prudent : leurs auteurs puisant largement dans la tradition populaire, correspondance et ressemblance ne signifient pas forcément emprunt …

Dans les contes d’animaux en général, la gamme de sentiments et de caractères humains est largement représentée. L’avidité, la perfidie, la stupidité et la tromperie, mais aussi l’amitié, la fidélité, l’entraide et la reconnaissance sont mises en scène dans une représentation réaliste des us et coutumes, surtout ruraux.

  • Les contes russes d’animaux dégagent souvent un caractère de farce, mettant en opposition un personnage rusé et perfide (comme le renard) et un autre, nigaud et trompé, comme l’est généralement le loup. Le loup des contes russes apparaît presque toujours comme un personnage négatif, méchant, cruel et dangereux, mais en même temps naïf et peu intelligent. Il est souvent vu comme un exutoire de l’angoisse qu’il génère. Il a des ennuis à cause de sa bêtise, de sa méchanceté, de sa crédulité, ou de la confiance excessive qu’il place en d’autres personnages plus intelligents, l’ours ou surtout le renard. ( Le renard et le loup , Лиса и Волк). Beaucoup de contes russes mettent face à face un loup naïf, presque gentil, et un renard rusé et vil … Ainsi la renarde conseille au loup de pêcher du poisson en laissant tremper sa queue dans l’eau du trou creusé dans la glace (Le renard et le loup), ou encore le bouc (Le loup idiot) propose au loup de s’installer au pied d’une falaise et d’ouvrir la gueule de façon à ce qu’il lui saute dedans. Le bouc renverse le loup, qui s’enfuit tout penaud …

Texte du conte Le renard et le loup :

https://fr.wikisource.org/wiki/Recueil_de_contes_populaires_slaves_(traduction_Léger)/XXVIII

  • Mais le loup peut aussi s’avérer malin et manipulateur, avide et malveillant (Le loup, le chat et le chien / Le loup et les sept chevreaux / Le loup et la chèvre / …).

Le loup et les sept chevreaux

Le loup et la chèvre

  • Très peu de contes russes le présentent sous des traits positifs.

Dans Le chien et le loup (Пёс и волк), le chien est chassé par ses maîtres à cause de son grand âge. Il se lie d’amitié avec le loup, qui l’aide, par la ruse, à retrouver la sympathie de ses maîtres : le loup emporte leur enfant, et le chien, de mèche avec le loup, vole à son secours et le restitue aux parents. Extrêmement reconnaissants, ses anciens maîtres l’accueillent à nouveau chez eux !

Le chien et le loup

Dans le conte traditionnel russe intitulé Conte d’Ivan-tsarévitch, de l’Oiseau de feu et du loup gris (Cказка об Иване-царевиче, жар-птице и о сером волке), le loup est héroïque, il fait preuve de sagesse et joue pleinement son rôle d’aide et de conseiller. Il est gentil et désintéressé. Mais ce conte, tout comme le précédent, est vraiment une exception à la règle ! Prenez le temps de le (re)découvrir, c’est un très beau conte russe !

http://www.artrusse.ca/contes/l’oiseau-de-feu.htm

Ivan-tsarévitch chevauchant le loup gris, Victor Vastnetsov (1889)

Le rôle didactique du loup des contes russes

Les contes d’animaux ne servent pas seulement à éduquer les jeunes enfants, ils permettent aussi de faire passer des messages aux adultes. L’humour et la moquerie ridiculisent les vices, et l’incarnation de la bêtise est souvent attribuée au loup russe. Cette stupidité venant d’une bête en réalité cruelle et avide, ses malheurs, qui devraient provoquer notre pitié, ne trouvent aucun écho en nous : il n’y a pas de place dans la vie pour la bêtise, la cruauté et la cupidité ! Et l’on se dit qu’il n’a finalement que ce qu’il mérite !

La particularité des contes russes consiste à souvent confronter le loup et le renard dans l’histoire. De nombreux ethnologues comparent ainsi le loup des contes russes au peuple russe lui-même, et le renard à un ennemi rusé dont il faut se méfier. Le message des contes est clair : il faut être intelligent et prudent lorsque l’on traite avec les membres d’autres groupes ethniques, en particulier ceux qui ressemblent au renard … L’archevêque de l’Eglise russe à l’étranger, Monseigneur Averkii, osa même aller plus loin. En 1975, il fit cette remarque intéressante : « Le peuple russe est un peuple confiant, plein de compassion, qui souffre parfois de sa crédulité et peut se montrer naïf. Il s’est fait avoir par des ennemis rusés, par une propagande malicieuse, et n’a pas toujours résisté assez fort. »

D’autres s’amusent à faire remarquer que, dans la langue russe, le loup (волк) est du genre masculin, et le renard (лиса) est du genre féminin. De là à prévenir les hommes « naïfs » de la « ruse » des femmes … il n’y a qu’un pas !! Avis !

Le loup traqué de Vissotski

Vladimir Vissotski en concert, le 23/04/1979

Vladimir Vissotski est un grand auteur-compositeur-interprète et acteur russe (1938-1980) qui a marqué toute une époque. Son style furieux et frénétique, sa voix rocailleuse et son esprit rebelle traduisaient avec puissance ce que ressentait le peuple soviétique. S’il fut reconnu comme acteur par les autorités soviétiques, ses chansons ne furent jamais officiellement autorisées, car accusées de ne pas correspondre à la politique artistique communiste.

  • La chasse aux loups (Охота на волков), de Vladimir Vissotski (Владимир Виссоцкий)

Avant de vous faire découvrir cette chanson si puissante, il est important d’apporter quelques précisions …

Quand Vissotski écrivit cette magnifique et poignante chanson début août 1968, il ne se doutait pas de l’immense succès qu’elle recevrait pourtant à travers toute l’Union Soviétique. Interprétée sur scène en 1968 pour la Première d’un spectacle poétique du Théâtre Taganka, elle reçut une ovation incroyable. Mais le spectacle fut très vite interdit par les autorités.

L’image utilisée du loup traqué et piégé par les chasseurs porte un message politique fort qui peut être vu comme un appel à la résistance, un choix à faire entre « respecter les règles imposées » ou « prendre le risque d’y échapper », ne serait-ce que par la pensée. Le loup de Vissotski est comme le condamné à mort, héros tragique qui met ses dernières forces dans un élan final.  Cette chanson trouva une résonance particulière dans la société soviétique, touchée par ce message sous-jacent. L’artiste Iouri Nikouline la présenta comme une de ses chansons préférées, et le célèbre poète Evguénii Ievtouchenko déclara : « Vladimir, je m’agenouille devant toi. »

  • Une technique de chasse traditionnelle

Pour saisir tout le sens de cette chanson, il faut savoir qu’elle fait référence à une technique de chasse traditionnelle, pratiquée dans la partie occidentale de la Russie. Ainsi, une fois le groupe de loups localisé, les chasseurs encerclent leur périmètre avec une longue chaîne de cordes de plusieurs kilomètres de long, sur lesquelles sont accrochés, à intervalles réguliers, des petits bouts d’étoffe rouge (les « drapeaux ») . Pour une raison peu claire, les loups se refusent souvent le droit de passer outre. On soupçonne qu’ils détecteraient l’odeur de l’homme sur les drapeaux …

Les chasseurs maintiennent ainsi les loups dans la zone encerclée pendant un jour ou deux et attendent. Au moment opportun, ils n’ont plus qu’à tirer. La chasse commence, efficace mais terrible. Comme le dénonce Vissotski, pour l’animal traqué, qu’il soit homme ou loup, les armes ne sont pas égales …

Je vous laisse écouter Vladimir Vissotski, chantant La chasse aux loups. (le texte en russe et sa traduction en français se trouvent en annexe de l’article.)

(Attention, cette vidéo contient inévitablement quelques images de chasse  …)

https://youtu.be/D_vOsObEASA

Le loup inoffensif et amusant

Dans la culture russe, il existe aussi un loup presque inoffensif et amusant. Utiliser l’humour désamorce les craintes et rend le loup familier.

Un conte musical

Comment ne pas citer le joli conte musical pour enfants, Pierre et le loup (Петя и волк), écrit et composé en 1936 par Sergueï Prokofiev (1891-1953) (Сергей Прокофьев) ! Le dessein de l’oeuvre est de faire découvrir certains instruments de l’orchestre aux jeunes auditeurs. Tandis que le récitant narre les aventures de Pierre, jeune et téméraire héros qui finit par triompher du redoutable loup, l’orchestre ponctue le récit d’intermèdes musicaux où les différents protagonistes sont personnifiés par des instruments. Le loup y est représenté par les cors, qui traduisent parfaitement l’aspect lugubre mais envoûtant de l’animal. Cette oeuvre fut maintes fois reprise et interprétée, mais on notera la prestation de Gérard Philipe comme conteur, en 1956, accompagné de l’Orchestre symphonique national d’URSS.

Un dessin animé

Le loup du dessin animé soviétique Ну погоди ! ([Nou paguadi], « Attends un peu que je t’attrape ! ») est célèbrissime en Russie ! Il apparaît pour la première fois en 1969. Il est le héros comique de très nombreux épisodes, où il tente toujours en vain d’attraper un lapin très malin.

Voici un petit extrait très connu … où vous reconnaîtrez le personnage d’un précédent article ! A regarder absolument !

https://youtu.be/qU44b9zk4FQ

Une mascotte

Pour choisir la mascotte de la Coupe du monde de football 2018, qui aura lieu du 14 juin au 15 juillet prochains en Russie, plus d’un million de Russes ont participé au vote organisé à cette occasion. Le loup Zabivaka (« celui qui marque ») a remporté 53% des suffrages, devant le tigre (27%) et le chat (20%).

Certains Russes ne sont pas d’accord avec ce choix. Ils voient le loup comme trompeur et méchant, ajoutant que son nom Zabivaka viendrait de Zabiyaka (Забияка), « l’intimidateur », celui qui ne joue pas sur le terrain de foot, mais rentre dans la bagarre, avant ou après le match. Un internaute réagit ainsi : »On ne pouvait pas imaginer pire, comme choix ! C’est ça, notre message d’hospitalité ? « Venez rendre visite aux bagarreurs russes ! »… une idée géniale, surtout après les Championnats d’Europe en France ! » Attention, nous voilà prévenus !

Mais il vaut mieux, sans doute, garder la fibre sportive, et voir en Zabivaka les caractéristiques traditionnelles du loup qui correspondent finalement parfaitement au sport de compétition : l’esprit d’équipe (meute), la solidarité, l’agressivité, le courage et la ténacité, l’intelligence, la rapidité, l’agilité … Et le loup fait alors une très bonne mascotte, non ?!


Qu’il soit de la toundra arctique ou des steppes du sud, de la mythologie slave ou des contes populaires, le loup a réussi à créer ce lien très fort avec la Russie et la fascination qu’il provoque toujours est bien réelle. A vous de choisir maintenant sur quel territoire, terrestre ou culturel, vous souhaitez le rencontrer … il vous attend !!!

 

 


Annexes

  • Voici les paroles de La chasse aux loups de Vladimir Vissotski, en russe, puis en français.

Текст песни Владимир Высоцкий – Охота на волков [okhota na valkof]

Рвусь из сил и из всех сухожилий,

Но сегодня – опять, как вчера,-

Обложили меня, обложили,

Гонят весело на номера.

Из-за елей хлопочут двустволки –

Там охотники прячутся в тень.

На снегу кувыркаются волки,

Превратившись в живую мишень.

Идет охота на волков, идет охота!

На серых хищников – матерых и щенков.

Кричат загонщики, и лают псы до рвоты.

Кровь на снегу и пятна красные флажков.

Не на равных играют с волками

Егеря, но не дрогнет рука!

Оградив нам свободу флажками,

Бьют уверенно, наверняка.

Волк не может нарушить традиций.

Видно, в детстве, слепые щенки,

Мы, волчата, сосали волчицу

И всосали – Нельзя за флажки!

Идет охота на волков, идет охота!

На серых хищников – матерых и щенков.

Кричат загонщики, и лают псы до рвоты.

Кровь на снегу и пятна красные флажков.

Наши ноги и челюсти быстры.

Почему же – вожак, дай ответ –

Мы затравленно мчимся на выстрел

И не пробуем через запрет?

Волк не должен, не может иначе!

Вот кончается время мое.

Тот, которому я предназначен,

Улыбнулся и поднял ружье.

Идет охота на волков, идет охота!

На серых хищников – матерых и щенков.

Кричат загонщики, и лают псы до рвоты.

Кровь на снегу и пятна красные флажков.

Я из повиновения вышел

За флажки – жажда жизни сильней!

Только сзади я радостно слышал

Удивленные крики людей.

Рвусь из сил, из всех сухожилий,

Но сегодня – не так, как вчера!

Обложили меня, обложили,

Но остались ни с чем егеря!

Идет охота на волков, идет охота!

На серых хищников – матерых и щенков.

Кричат загонщики, и лают псы до рвоты.

Кровь на снегу и пятна красные флажков.

La chasse aux loups

Je m’élance de toutes mes forces, les muscles bandés
Mais aujourd’hui, comme le jour précédent,
Ils m’ont cerné, ils m’ont cerné:

Gaiement ils me rabattent vers les servants,

Derrière les sapins s’activent les fusils à deux coups:
Les chasseurs dans l’ombre sont dissimulés.

Sur la neige tombent les loups,
En cible vivantes transformées.

C’est la chasse aux loups, c’est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !

Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu’à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions…

Ce n’est pas à armes égales que s’amusent avec les bêtes
Les chasseurs, mais aux yeux ils n’ont pas froid !

Avec les fanions nous coupant la retraite,
Ils tirent d’une main assurée et leurs coups ne manquent pas !

C’est la chasse aux loups, c’est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !

Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu’à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Nos pattes et nos mâchoires sont d’une grande rapidité.
Pourquoi, chef de la meute, réponds, réponds,

Galopons-nous vers les fusils, traqués,
Et n’essayons-nous pas d’enfreindre l’interdiction ?

Le loup ne peut ni ne doit cette loi transgresser…
J’ai fait mon temps :

Celui â qui j’était prédestiné
A levé son fusil en souriant…

C’est la chasse aux loups, c’est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !

Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu’à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Subir, je n’ai pas voulu. J’ai couru.
Au-delà des fanions, le désir de vivre est plus grand !

Seulement, tout joyeux, derrière moi j’ai entendu
Les hommes pousser des cris d’étonnement.

Je m’élance de toutes mes forces, les muscles bandés,
Mais aujourd’hui, ce n’est pas comme le jour précédent !

Ils m’ont cerné, ils m’ont cerné,
Mais les chasseurs sont restés gros-jean !

C’est la chasse aux loups, c’est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !

Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu’à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

(Traduction d’Hélène Ravaisse)

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