40- Connaissez-vous vraiment le GOUM ?

Rentrée oblige, je vous emmène aujourd’hui faire un peu de shopping, mais, attention, pas n’importe où … dans le magasin le plus prestigieux de Moscou ! Ceux qui connaissent le Goum rangent déjà, par précaution, leur portefeuille au plus profond de leur poche : prudence, ici, les prix s’envolent !

Ce lieu mythique de Moscou est un trésor culturel incontournable. Je vous propose de partir à la découverte de son histoire, de son identité, et des secrets qu’il recèle. Et puis, à la fin de la visite, je vous offrirai traditionnellement une bonne glace, petite douceur intemporelle du Goum …

Suivez le guide !

Un projet grandiose

La Place Rouge de Moscou. (A gauche, le magasin Goum, au centre au fond, la Cathédrale Basile-le Bienheureux, à droite, les murailles du Kremlin, au premier plan, le musée d’ Histoire)

Au coeur-même de Moscou, sur la Place Rouge, cotoyant la Cathédrale Basile-le Bienheureux, et faisant face aux murailles du Kremlin et au mausolée de Lénine, trône le grand magasin Goum (ГУМ), dont l’acronyme signifie désormais Glavnii Ouniversalnii Magazine (Главный Универсальный Магазин), Magasin Principal Universel. Ce centre commercial huppé, avec plus de 200 boutiques de luxe, occupe tout un pâté de maisons dans le quartier de Kitaï-Gorod qui est, depuis le 16 ème siècle, le principal quartier marchand de la ville.

A l’origine du Goum

Aux centaines d’échoppes sommaires succéda, en 1787, un premier bâtiment en dur, tout en longueur, qui fut détruit pendant le grand incendie de Moscou (1812). Il fut reconstruit rapidement en 1815, selon les plans d’ Ossip Bové. Si la façade classique des « Galeries Supérieures de Commerce » (Верхние торговые ряды) en imposait, l’intérieur rappelait plus le Grand Bazar d’Istanbul et ne satisfaisait finalement ni les marchands, ni les clients.

Les Galeries Supérieures de Commerce, en 1884

Intérieur des Galeries Supérieures, 1884

Avec les réformes du tsar Alexandre II, alors que Moscou devient clairement le centre économique du pays, les commerçants, fiers et puissants, s’ouvrent au progrès et aux idées nouvelles du capitalisme. Ils se mobilisent activement pour obtenir un nouveau lieu de commerce digne de ce nom. Ils veulent qu’il soit non seulement à la pointe de la technique, mais aussi le plus moderne d’Europe, tout en conservant précieusement un « style russe ».

Un concours d’architecture est lancé en février 1886. Parmi les 23 projets russes et allemands soumis à la Commission, c’est celui de l’architecte Alexandre Pomerantsev (Александр Никанорович Померанцев) associé à l’ingénieur Vladimir Choukhov (Владимир Григорьевич Шухов) qui est retenu, en 1889.

Alexandre Pomerantsev (vers 1890)

Vladimir Choukhov (1891)

Naissance d’un géant

L’ancien bâtiment de 1815 est démantelé puis rasé, et les travaux de construction commencent dès l’automne. En un temps record, quatre ans à peine (1890-1893), un monument incroyablement prestigieux va voir le jour, donnant naissance aux élégantes galeries du Goum actuel …

Travaux gigantesques de démantèlement des Galeries Supérieures de Commerce datant de 1815 (1889)

Construction du futur Goum

Les nouvelles Galeries Supérieures (futur Goum) en 1893

La beauté de son architecture audacieuse et de sa décoration, tant extérieure qu’intérieure, fit rapidement la renommée de ce lieu emblématique de Moscou.

Grès, marbre et granit pour un style « pseudo-russe » éclatant

Ce bâtiment grandiose de style « pseudo-russe », en grès, marbre de Taroussa et granit de Finlande, abrite trois longs passages parallèles recouverts d’une immense verrière. Conçues non seulement sur le modèle des passages parisiens du début du 19 ème siècle (eux-mêmes inspirés, suite aux campagnes napoléoniennes, par les souks couverts des pays arabes), mais aussi selon la Galleria Vittorio Emanuele II de Milan (1877), les « Galeries marchandes supérieures » sont sans équivalent dans la Russie tsariste, et même, par leur ampleur, en Europe.

L’intérieur des Galeries Supérieures à leur ouverture (1893)

Courant sur trois niveaux et reliées par de jolies passerelles aériennes, les galeries représentent un parcours total de 2,5 kilomètres ! Sachez que chacun des trois passages couverts et parallèles à la Place Rouge s’appellent des « lignes ». La première ligne (« Первая линия ») longe la Place.

Un magasin somptueux à ciel ouvert

La structure en métal de la splendide verrière demi-cylindrique (14 m de diamètre), conçue par Choukhov, ne pèse pas moins de 800 tonnes. Plus de 60 000 vitres laissent passer les rayons naturels, créant un gigantesque puits de lumière qui inonde tout le lieu. Le principe du marché d’autrefois est ainsi astucieusement préservé, couvert contre les intempéries mais baigné par la lumière du jour.

Le 2 décembre 1893, en présence du tsar Alexandre III et de sa famille, eut lieu l’inauguration officielle du plus grand centre de commerce de l’époque. Fort de son propre générateur électrique (un exploit à l’époque !), équipé d’un puits d’eau artésienne, d’un bureau de poste, d’une agence bancaire, de restaurants, de salons de coiffure, mais surtout de centaines de boutiques qui ne sont plus des échoppes mais  de véritables salons luxueux (avec miroirs et beau mobilier), le centre connaît rapidement un très vif succès. Pour la première fois, chaque marchandise porte une étiquette avec un prix déjà fixé, ce qui met fin au marchandage habituel. Un livre de réclamations est ouvert à la clientèle : le client devient roi.

Les boutiques luxueuses du rez-de-chaussée et du premier étage proposaient à la vente des tissus rares, de la soie et des brocarts, des montres onéreuses, des pâtisseries de la maison Abrikossov (fournisseur de la Cour impériale), des parfums raffinés et coûteux, des objets de valeur. Le deuxième étage présentait des marchandises meilleur marché et comportait quelques ateliers de confection.

Quant à la célèbre fontaine centrale, elle fut installée en 1906, et était, à l’époque, de forme circulaire et non encore octogonale (1953).

L’immense sous-sol sur deux niveaux servait à la vente en gros et au stockage des marchandises. Il était desservi par un réseau interne de voies ferrées pour la manutention.

Le vent de la Révolution

Réquisition et Administration

Après la Révolution d’octobre 1917, le magasin est nationalisé par les Bolchéviks et rapidement transformé en bâtiment administratif. Les boutiques sont fermées. Le ministère de l’Approvisionnement s’y installe et y aménage ses entrepôts. Beaucoup de marchandises réquisitionnées y sont scrupuleusement gardées. C’est ici que le Pouvoir réalise sa politique de contrôle des stocks alimentaires pendant les premières années communistes. Le prestigieux magasin s’est transformé en hangar …

La NEP relance le Goum

En 1922, Lénine lance sa Nouvelle Politique Économique (NEP), comprenant que la priorité est vraiment de redresser le pays, rendu exsangue par les guerre et les révolutions. Une politique mêlant capitalisme et communisme sera plus efficace sur le long terme pour instaurer définitivement le Communisme. Lénine décide la réouverture des « Galeries Supérieures de Commerce », tout en leur attribuant un nouveau nom. Désormais, ce lieu s’appellera Magasin Universel d’Etat, Gossoudarstvennii Ouniversalnii Magazine (Государственный Универсальный Магазин) : d’où l’acronyme Goum (ГУМ). L’adjectif russe « d’Etat » sera remplacé par « principal » à la chute de l’URSS, permettant ainsi, de façon habile, de conserver les trois mêmes initiales : ГУМ.

Sollicités par Lénine, le poète Vladimir Maïakovski (Владимир Владимирович Маяковский) et le peintre-designer Alexandre Rodtchenko (Александр Михайлович Родченко) unissent leurs talents pour créer des affiches publicitaires vantant le Goum. Elles sont largement placardées dans tout Moscou. Rodtchenko dessine le logo du magasin, toujours d’actualité. Le Goum devient un véritable symbole de la NEP, même si ce premier magasin soviétique ainsi créé n’avait plus rien à voir avec l’opulence d’antan …

Donnez-moi du soleil la nuit ! Où le trouveras-tu ? / Achète-le au Goum ! Eblouissant et bon marché

Pas de place pour le doute ou l’hésitation / Tout ce dont les femmes ont besoin ne se trouve qu’au Goum.

Agrippez-vous à cette bouée de sauvetage ! Au Goum, tout pour tous / De bonne qualité, bon marché ! De première main !

Installation du logo en façade (1923)

Le logo du Goum (septembre 2018)

Après une relative période d’ouverture, le Goum ferme à nouveau …

Staline et le Goum : des années sombres

En 1930, Staline fait fermer le Goum et y installe les bureaux des ministères et de l’Administration. De nombreux fonctionnaires prennent possession des lieux, et notamment, parmi eux, un sinistre personnage du nom de Béria …

Béria

Le redoutable et sanguinaire chef des Services secrets de Staline, Lavrenti Béria (Лаврентий Павлович Берия), réquisitionne les locaux de toute la « première ligne » (первая линия) du magasin, soit tout le premier passage couvert, le long de la Place Rouge. L’accès de toute cette zone est strictement règlementé. Quand on pense que le magnifique Goum a abrité les services d’un des pires tortionnaires de l’époque stalinienne pendant plus de vingt ans !

L’émetteur radio qui diffuse les programmes de la station nationale et officielle est situé dans le Goum, sous contrôle de Staline. C’est d’ailleurs de là que sera annoncé la victoire sur les nazis en mai 1945.

Étonnamment, une sorte de commerce continue d’exister. Près de la fontaine, on y vend, en interne, des produits venant de l’étranger mais surtout des biens de valeur confisqués aux « ennemis du peuple »… Un commerce semble t-il profitable.

Les larmes de Staline

Nadejda Allilouïeva

Dans la nuit du 8 au 9 novembre 1932, la seconde épouse de Staline et la mère de deux de ses enfants, Nadejda Allilouïeva (Надежда Сергеевна Аллилуева) met fin à ses jours dans l’appartement de fonction du Kremlin, en se tirant deux balles dans le coeur. Staline est effondré. Le cercueil ouvert est installé dans le Grand Salon d’honneur du Goum, et, le 10 novembre, le lieu est rendu accessible au public pour un hommage national. Une foule immense afflue, certes moins motivée par le deuil que par la curiosité de voir de près les dirigeants du pays réunis autour du cercueil. Staline en personne, les yeux gonflés par les larmes, fixait du regard le visage de sa femme : ce fut la seule et unique fois où il ne cacha pas son émotion en public. Il pleurait sincèrement.

Des appartements au Goum

Vers 1930, des familles moscovites de citoyens ordinaires sont logés au dernier étage, dans des appartements communautaires aménagés à la hâte. Certains y vivront plus de 20 ans ! En 1953, date de fermeture de ces appartements, on y comptait 22 familles, soit 85 personnes. Si le lieu semblait prestigieux, les conditions de vie spartiates étaient les mêmes pour tout le monde : il n’y avait ni eau courante, ni gaz, ni toilettes, ni salle de bain. On cuisinait dans les chambres sur des réchauds à pétrole. Et il fallait descendre au premier sous-sol pour y chercher de l’eau et utiliser les seules toilettes du magasin (au luxe d’autrefois, époque Alexandre III).

Plusieurs fois par an, les jours de parade militaire sur la Place Rouge, il était défendu de recevoir des invités chez soi. Par peur d’un attentat perpétré depuis la façade de l’imposant bâtiment, il était strictement interdit de s’approcher des fenêtres. Un militaire en faction sur le pas de la porte de chaque pièce habitée y veillait. Des tireurs d’élite à l’extérieur avaient reçu l’ordre de tirer sur quiconque s’approcherait d’une fenêtre. Les familles suivaient donc les parades en direct … mais à la télévision !

Ces habitants du Goum bénéficiaient de quelques avantages cependant : outre un cadre de vie somptueux, une jolie fontaine, et des concerts gratuits de temps en temps … ils reçurent en cadeau les fleurs qui ornaient le cercueil de la femme de Staline dans le Salon d’honneur !

« Boum pour Béria, Goum pour le peuple ! »

Ironie du sort ! On raconte que c’est Béria en personne qui sauva le Goum de la destruction. Dans les années 30 et 40, ce bâtiment, toujours assimilé à un grand bazar du temps des tsars, était mal considéré, puisque situé juste en face du mausolée de Lénine. Beaucoup exigeaient sa démolition. Staline envisageait de récupérer l’emplacement pour agrandir la Place Rouge et y faire construire un huitième gratte-ciel, destiné cette fois au ministère de l’industrie lourde.

Projet de construction du ministère de l’industrie lourde en bordure de la Place Rouge (1936)

Béria, terriblement redoutable et redouté, s’interposa plusieurs fois pour empêcher la destruction du Goum : il ne voulait pas déménager tant qu’on ne lui aurait pas construit de nouveaux bureaux en plein centre de Moscou ! Les destins de Béria et du Goum furent ainsi étroitement liés jusqu’en 1953. Staline meurt le 5 mars 1953. Une page se tourne, et des travaux de restauration du Goum sont immédiatement lancés. Béria, de plus en plus ambitieux et menaçant, finit par être liquidé d’une balle dans la tête le 23 décembre. Dès le lendemain, le 24 décembre 1953, le Goum est réouvert ! Cet événement extrêmement joyeux, perçu comme un symbole fort de la déstalinisation et du Dégel de Khrouchtchëv, provoqua cette formule, devenue célèbre, de la part d’ un diplomate américain de l’époque :  » Boum pour Béria, Goum pour le peuple ! »

Travaux de restauration du Goum (1953)

Restauration de la verrière (1953)

Modification de la fontaine centrale (1953)

1954-1990 : Files d’attente, mode, et privilèges

Les « Goumanistes »

Le Goum retrouve rapidement son lustre et redevient un lieu de promenade incontournable, avec des salles d’exposition, un cinéma, des concerts et des spectacles. Il retrouve sa fonction de magasin, organisé désormais en 11 rayons différents (prêt-à-porter, fourrure, chaussures, vaisselle, jouets, meubles, épicerie, …).

Le succès est grandissant, même si les denrées sont rares et les files d’attente légendaires. Avec humour, les Moscovites qui s’y pressent, parfois dès l’ouverture à 8h du matin, et qui acceptent sans broncher de faire des heures de queues, sont surnommés « les Goumanistes » (Гуманисты) !

File d’attente pour des chaussures

File d’attente pour des glaces

Au Goum, on pouvait se procurer des produits difficiles à trouver en Union soviétique, comme des cosmétiques occidentaux, des chaussures de Yougoslavie, de la lingerie d’Allemagne de l’Est, des disques en vinyle, du thé indien, du saucisson, des bananes, des glaces … On y trouvait aussi des produits dont on ne connaissait même pas le nom dans le reste de l’URSS !

Le thé indien vendu à l’époque soviétique

Dior à Moscou

Le ministre soviétique du Commerce, Anastas Mikoïan, veut faire du Goum le symbole d’une nouvelle vision économique en le transformant en véritable vitrine de l’URSS. Il consacre beaucoup d’énergie à son rayon préféré : la section mode du Goum ! Créer des vêtements et propager la mode étaient des objectifs inhabituels pour le commerce soviétique d’alors !

En juin 1959, le défilé de la maison Christian Dior eut un succès fou, avec ses mannequins en robes haute couture et larges chapeaux. La session photo pour le magazine Life eut d’ailleurs lieu directement dans les allées du grand magasin, parmi une foule surprise, mais éblouie.

Le Goum devint l’endroit où les femmes soviétiques pouvaient espérer, ne serait-ce qu’un instant, ressembler aux beautés étrangères.

La secrète Section 200

Face au mausolée de Lénine, il existait, en façade du Goum, une petite porte dérobée, inconnue du grand public, qui donnait accès à la « Section 200″(Двухсотая секция). Ouverte en 1954, cette section à part était considérée comme un secret d’Etat. L’élite du Parti y avait accès, mais de façon très hiérarchisée : les mieux placés, quotidiennement, d’autres, une fois par semaine, voire une fois par mois, ou même par an. Des comédiens, des danseurs, des diplomates, ou même des cosmonautes pouvaient obtenir une entrée unique, en cadeau. Des membres éminents de délégations étrangères en visite à Moscou y étaient conduits pour acheter de luxueux souvenirs. On les incitait à témoigner, en retour, de l’excellent état de l’économie soviétique … Quelle belle vitrine !

A la section 200, il était possible d’acheter (et ce, dans le contexte d’une économie de pénurie) des denrées importées, luxueuses et parfois même interdites (fourrures, parfums de France, costumes Chanel, jeans, alcools rares, chocolats …). Les employés de la section 200 étaient tenus au secret et ne devaient, sous aucun prétexte, dévoiler où ils travaillaient ni ce qu’ils y voyaient. La section 200 fut fermée en 1990. Avec la Pérestroïka, le commerce reprit et son existence n’était plus justifiée.

1990 : Privatisation d’un magasin d’exception

Le retour du luxe

Le grand magasin Goum a su gérer son passage par la Pérestroïka et résister à la chute de l’empire soviétique. C’est aujourd’hui un des hauts-lieux du commerce de luxe à Moscou. D’une superficie de presque 75 000 m2, il rassemble de nombreuses enseignes étrangères parmi ses 200 boutiques. Le luxe s’affiche de nouveau !

En 1990, le Goum est devenu une véritable entreprise évaluée à 300 millions de roubles lors de sa privatisation. Salariés et dirigeants se sont partagés le capital, et l’entreprise a pris de l »ampleur. Plus d’une quinzaine de centres commerciaux ont ouverts sous son nom dans toute la Russie. Mais seul l’établissement de Moscou peut s’enorgueillir d’accueillir de nos jours une moyenne de 30 000 visiteurs par jour !

Bosco di Ciliegi est la société russe de luxe à laquelle l’Etat a confié les lieux par un bail courant jusqu’en 2059 ; le prix du loyer reste un secret d’Etat bien gardé. Bosco est actuellement propriétaire de toutes les marques installées dans les boutiques du rez-de-chaussée de la « première ligne » (первая линия). Impressionnant !

Un parfum de nostalgie soviétique

D’après l’équipe dirigeante, le succès actuel du Goum réside dans le savant équilibre trouvé entre l’époque contemporaine et l’époque soviétique. Une certaine nostalgie latente s’exprime par une musique d’ambiance souvent désuète, l’épicerie fine soviétique Gastronome (réouverte en 2008), le restaurant-self Stolovaïa 57 (Столовая 57) et le café Festivalnoïé (Фестивальное Кафе) qui font référence au Festival International de la Jeunesse organisé à Moscou en 1957 (34 000 personnes venus de 131 pays). Mais il ne faut pas oublier de mentionner également les salles de cinéma d’époque et les fameuses glaces du Goum, toujours fabriquées à la main dans l’atelier du sous-sol. La recette de 1954 est gardée secrète et inchangée !

Epicerie fine Gastronom

Stand de caviar au Gastronom

Restaurant-self Stolovaïa 57

Encore plus beau !

En 1990, l’entrée principale par la Place Rouge, fermée après la Révolution, a été réouverte. En 1992, au cours de travaux de restauration en façade, des ouvriers ont découvert, au-dessus de chaque entrée du Goum, des icônes qui avaient été masquées avec de l’enduit par les Bolcheviks. Elles ont été restaurées et ont retrouvé leur emplacement d’origine, celui de 1893.

Porte d’entrée principale donnant sur la Place Rouge

Le Goum a désormais renoué avec son prestige. L’éclairage électrique soulignant sa façade à la nuit tombée est de toute beauté, et la patinoire extérieure l’hiver, comme les multiples animations sur la Place Rouge tout au long de l’année, réussissent à recréer l’ambiance festive et animée de l’éternel quartier marchand.


Chose promise, chose due ! La visite est maintenant terminée. Je vous attends donc au centre du Goum, devant la mythique fontaine, lieu traditionnel de rendez-vous des Moscovites, pour vous offrir une de ces délicieuses petites glaces … soviétiques ! Savourez !

« Встретимся в центре Гума, у фонтана ! » (Rendez-vous à la fontaine !)

Commentaires (33):

  1. Christophe

    2 octobre 2018 à 21 h 36 min

    Bonsoir Marion
    Le choix des mots , le choc des photos !
    Toujours aussi dépaysant et riche d enseignements
    Cela nous permet d être encore Moscovite , même à Francfort
    Bises Christophe

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    • Marion

      2 octobre 2018 à 22 h 20 min

      Bonsoir Christophe ! Quel beau compliment, merci. Oui, éternellement Moscovites … puisque je sais qu’avec Florence vous aurez de toutes façons toujours le coeur à Moscou ! 😉
      À bientôt Christophe. Bises

      Répondre
  2. Florence B

    2 octobre 2018 à 16 h 48 min

    Marion, au risque de me répéter : quel plaisir de te relire! J’ai déambulé dans ce Goum maintes fois mais j’aurais Bien voulu le faire avec ce récit en tête. Encore une visite que je ferai avec un autre regard grâce à toi… merci
    A très bientôt
    Florence B.

    Répondre
    • Marion

      2 octobre 2018 à 20 h 45 min

      Merci Florence ! Quelle reconnaissance de ta part, c’est vraiment gentil ! Bises

      Répondre
  3. Gorodkov

    2 octobre 2018 à 9 h 02 min

    Государственный универсальный магазин
    А почему ты пишешь Главный ?
    😉😊

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    • Marion

      2 octobre 2018 à 10 h 02 min

      Bonjour Elisabeth ! Je traduis ton message pour les non-russophones : « Magasin Universel d’Etat / Pourquoi écris-tu Principal ? ». Effectivement, on a toujours entendu parler du Magasin d’Etat (« Государственный»), mais, à la chute de l’Union soviétique, quand il a été privatisé, son nom a été changé astucieusement pour marquer le changement et garder les trois mêmes initiales ; il s’appelle désormais officiellement, « Magasin Principal Universel »(« Главный «). Oui, je sais, il faut s’y habituer !!! 😉😂

      Répondre
      • Elisabeth

        4 octobre 2018 à 17 h 25 min

        Merci Marion!! Je me rappelle mes premiers manuels de russe ou j’ai du répéter des dizaines de fois cette abréviation barbare et mes amis russes l’appelle toujours Principal. Hasbeen!!
        Merci pour tes articles ! Un vrai plaisir meme après 28 ans de Russie

        Répondre
        • Marion

          4 octobre 2018 à 17 h 31 min

          Tu me fais rire !! Pas facile de changer ses habitudes quand on a découvert le russe … à l’époque soviétique ! 😂 Merci pour ta vigilance et ton enthousiasme, en tous cas. Bizz

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  4. Solange

    1 octobre 2018 à 0 h 07 min

    J ai de la chance, puisque j ai visite le Goum avec toi! Mais des révisions ne peuvent pas faire de mal….quant à la petite glace, je retournerai bien volontier sur place en déguster! Merci pour cette évocation!

    Répondre
    • Marion

      1 octobre 2018 à 7 h 44 min

      Merci Solange !! Reviens quand tu veux …. les éternelles glaces du Goum t’attendent ! Et moi aussi !! Bises

      Répondre
  5. Vincent

    30 septembre 2018 à 10 h 53 min

    Un des plaisirs de la rentrée est de retrouver tes articles passionants Marion ! Sur des sujets qui nous touchent et nous sont accessibles – au quotidien meme parfois 🙂
    Merci de nous faire decouvrir la Russie sous des jours si differents !

    Répondre
    • Marion

      30 septembre 2018 à 14 h 42 min

      Ah …. si j’arrive à faciliter la rentrée grâce à mes articles, je suis super contente ! Merci Vincent, c’est un sacré compliment !! Mais tout le plaisir pour moi est de retrouver mes lecteurs fidèles et enthousiastes !! En avant, Russie Méconnue ! Давай , давай !! 😉

      Répondre
  6. Philippe

    29 septembre 2018 à 18 h 08 min

    Quel bonheur de te retrouver , Marion , toujours enthousiaste sur ce merveilleux pays qu’est la Russie , si mysterieuse , si proche pourtant , tout en étant insaisissable et fascinante.
    Nous allons en famille à Moscou l’an prochain , et ton passionnant article sur le Goum , son histoire , nous servira dr guide , et pas seulement pour les glaces!
    Encore merci!

    Répondre
    • Marion

      29 septembre 2018 à 19 h 07 min

      Bonsoir Philippe ! Et quel bonheur pour moi de retrouver les fidèles des fidèles !! La Russie est un puits de culture dont on ne se lasse pas, tout est intéressant et aiguise la curiosité … (enfin, la mienne en tous cas !! 😂) Magnifique idée de venir à Moscou, voilà un beau projet que je ne peux qu’encourager !!
      À bientôt Philippe, et merci pour ce message bien sympa.

      Répondre
  7. DANGUY DES DESERTS Corinne

    29 septembre 2018 à 12 h 33 min

    Réouverture du blog attendue pour moi aussi ! Merci Marion.
    J’ai pu comparer tes infos sur le Goum avec celles de mon ado qui est allé à Moscou en janvier dernier, excellente occasion de discussion culturelle !
    Nous allons essayer de venir sur Moscou et Serguiev Possav cette année.
    Auras tu l’occasion de nous faire un article sur les appartements communautaires de l’époque, voire d’aujourd’hui ?
    Merci encore Marion

    Répondre
    • Marion

      29 septembre 2018 à 13 h 38 min

      Bonjour Corinne ! Contente de voir que mon article se partage en famille ! Bonne idée de venir en Russie … un beau voyage en perspective !! Quant aux appartements communautaires, oui, j’ai prévu d’en faire un article …patience 😉
      À bientôt et merci pour ce message de retrouvailles !

      Répondre
  8. Tretiak

    29 septembre 2018 à 10 h 45 min

    Merci Marion de nous faire voyager dans ce pays que nous ne connaissons pas mais que nous apprenons vue nos origines russes
    Superbes vos commentaires très intéressants
    Bisous de Michelle et Martine
    A très bientôt

    Répondre
    • Marion

      29 septembre 2018 à 11 h 16 min

      Bonjour Michelle et Martine ! Heureuse de vous ouvrir un peu la porte de votre pays d’origine … de quoi susciter en vous l’envie de venir découvrir sur place le charme puissant de la culture russe ! Je vous embrasse toutes les deux. 😉

      Répondre
  9. Béné

    29 septembre 2018 à 3 h 36 min

    Merci Marion pour cette belle histoire ! Ravie de te lire à nouveau : je trouvais le temps long…..et tu m en as appris beaucoup sur les premières activités du Goum…..quand à la glace : je confirme : elle est délicieuse en toute saison !

    Répondre
    • Marion

      29 septembre 2018 à 8 h 29 min

      Merci Bénédicte ! Ton message me touche, c’est sympa ! Oui, me revoilà, après une longue pause estivale, j’admets !! À bientôt Bénédicte. Bises de Moscou … à Shangaï 😉

      Répondre
  10. noisette27

    28 septembre 2018 à 22 h 41 min

    Je ne sais pas si mon commentaire est passé, je vous écrivais, que je suis heureuse de vous retrouver sur votre blog; Un grand plaisir de vous lire. J’ai souvent entendu parler de ce fabuleux Goum. Je ne connaissais pas son histoire. Merci beaucoup de nous en avoir parlé. J’aime beaucoup la Russie, j’espère bien de tout coeur y aller un jour. Cordialement.

    Répondre
    • Marion

      28 septembre 2018 à 22 h 50 min

      Bonsoir ! Merci pour votre « double » commentaire si enthousiaste pour mon blog, le Goum…et la Russie ! J’espère sincèrement que aurez l’occasion de venir un jour en Russie et découvrir ce pays si attachant. Je vous le souhaite de tout coeur ! Heureuse également de vous retrouver ! À bientôt 😉

      Répondre
  11. noisette27

    28 septembre 2018 à 22 h 34 min

    Bonsoir, je suis heureuse de vous lire de nouveau. J’entends très souvent parler de ce fameux « Goum », et je ne savais pas son histoire. Merci beaucoup de votre article très intéressant….Votre blog je l’aime beaucoup car j’aime la Russie, et j’espère bien y aller un jour…Amitiés

    Répondre
  12. Florence

    28 septembre 2018 à 19 h 11 min

    Merci Marion pour cet article et pour la glace (je n’ai jamais eu le courage de faire la queue….).

    Répondre
    • Marion

      28 septembre 2018 à 20 h 08 min

      Avec plaisir, Florence !! Une glace du Goum est un incontournable 😉 !

      Répondre
  13. Myriam

    28 septembre 2018 à 18 h 20 min

    Hello Marion ! C’est top de revoir ce Goum et de lire son histoire ! Cela me rappelle de bons souvenirs ensemble. Merci !
    Mais dis donc, que fais tu ? je suis à la fontaine et j’attends ma glace mais je ne te vois pas !
    Bises

    Répondre
    • Marion

      28 septembre 2018 à 18 h 45 min

      Coucou Myriam !! Et souviens-toi, tu as même déjeuné au café Festivalnoïé, sur la passerelle donnant sur la fontaine !! A propos de fontaine, patiente …j’arrive ! Je suis allée au Gastronome chercher un peu de caviar !! 😉😂😂

      Répondre
  14. Belmont Josette

    28 septembre 2018 à 18 h 01 min

    Merci Marion pour ce superbe reportage sur le Goum. Je suis allée à Moscou en février avec les élèves de mon groupe de russe. Nous avons visité le magasin mais nous n’avions que très peu de temps et je m’aperçois que j’ai raté beaucoup de choses, j’ai donc adoré cette visite historique et virtuelle. Je suis ravie de savoir que nous allons à nouveau recevoir des infos passionnantes sur la Russie.
    спосиво волшоеБ до скорова

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    • Marion

      28 septembre 2018 à 18 h 13 min

      Merci Josette pour ce message bien sympathique ! Le Goum se visite plusieurs fois sans problème, ce lieu étant tellement impressionnant … il va falloir revenir !! 😉 Merci pour votre enthousiasme pour mes articles, oui … Russie Méconnue est de retour ! À bientôt Josette ! Хороших выходных !

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  15. isabelle

    28 septembre 2018 à 17 h 56 min

    Un passionnant voyage dans le temps, merci Marion. C’est amusant de savoir que c’était inspiré des souks couverts des pays arabes !

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    • Marion

      28 septembre 2018 à 18 h 03 min

      Merci Isabelle ! J’imagine facilement que ton oeil de photographe ne doit plus savoir où se fixer, dans un endroit pareil !! 😉

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  16. Valérie

    28 septembre 2018 à 17 h 45 min

    J’adore ! Merci Marion !

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    • Marion

      28 septembre 2018 à 17 h 59 min

      Merci Valérie !! Bizzz

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